Gladius

46 (1) January-December 2026, 442

ISSN-L: 0037-0894, eISSN: 1988-320X

https://doi.org/10.3989/gladius.2026.442

ARTICLE

Les casques corinthiens: acteurs, valeurs et symboliques

Corinthian helmets: actors, values and symbolism

Solène Alloin

Chercheur indépendant, France

RÉSUMÉ

La diffusion des casques corinthiens entre la fin du VIIIème s. av. J.-C. et le milieu du Vème s. av. J.-C. est un témoin des liens entre les Hellènes et les autres populations méditerranéennes. Définir les acteurs impliqués dans cette diffusion, mais aussi la valeur attribuée au casque selon les régions permet d’appréhender les relations entre les communautés concernées. Nous montrons ici, à travers la comparaison des contextes de découvertes et de la morphologie des casques, que les mouvements militaires ne sont pas les seuls acteurs de diffusion. Les relations diplomatiques et le rôle des élites sont essentiels, et ont mené en péninsule italique à la modification puis à l’intégration du casque dans le modèle élitaire local. Le casque corinthien n’est donc pas toujours associé à une pratique militaire, et ses valeurs et fonctions sont variables.

Mots-clés: arme défensive; casque corinthien; échanges interculturels; Italie; Méditerranée; mer Noire; péninsule Ibérique; VIIIème s. av. J.-C. au milieu du Vème s. av. J.-C.

ABSTRACT

The spread of Corinthian helmets between the end of the 8th century BC and the middle of the 5th century BC bears witness to the links between the Hellenes and other Mediterranean populations. Identifying the actors involved in this spread, as well as the value attributed to the helmet according to region, provides insight into the relationships between the communities concerned. Here, by comparing the contexts of discovery and the morphology of the helmets, we show that military movements were not the only actors involved in dissemination. Diplomatic relations and the role of elites are essential, and led to the modification and subsequent integration of the helmet into the local elite model in the Italian peninsula. The Corinthian helmet is therefore not always associated with military practice, and its values and functions are variable.

Keywords: defensive weapon; Corinthian helmet; intercultural exchanges; Italy; Mediterranean; Black Sea; Iberian Peninsula; 8th century BC to mid-5th century BC.

RESUMEN

La difusión de los cascos corintios entre finales del siglo VIII a. C. y mediados del siglo V a. C. refleja las conexiones entre los helenos y otras poblaciones mediterráneas. Identificar a los actores que intervinieron en esta distribución, así como el valor atribuido al casco en las distintas regiones, permite comprender mejor las relaciones entre las comunidades implicadas. Mediante la comparación de los contextos de hallazgo y la morfología de los cascos, se demuestra en este trabajo que los movimientos militares no fueron los únicos factores que propiciaron su difusión. Las relaciones diplomáticas y el papel de las élites resultaron fundamentales; en la península itálica, por ejemplo, propiciaron la modificación del casco y su posterior integración en el modelo de la élite local. Por tanto, el casco corintio no siempre está vinculado con la práctica militar, y sus valores y funciones variaron.

Palabras clave: arma defensiva; casco corintio; intercambio intercultural; Italia; Mediterráneo; mar Negro; península ibérica; siglo VIII a. C. a mediados del siglo V a. C.

Reçu: 20-11-2025 / Accepté: 06-03-2026 / Publié: 21-07-2026

Comment citer: Alloin, S. (2026). “Les casques corinthiens: acteurs, valeurs et symboliques”. Gladius, 46: 442. DOI: https://doi.org/10.3989/gladius.2026.442.

Copyright: © 2026 Editorial CSIC. This is a diamond open-access content distributed under the terms of the Creative Commons Attribution 4.0 International (CC BY 4.0) License.

Informations supplémentaires

CONTENIDO

INTRODUCTION

1. LES ACTEURS DE DIFFUSION

1.1. Mercenariat et déplacements militaires

1.2. Cadeau diplomatique et marqueur social

1.2.1. Des casques ostentatoires

1.2.2. La mise en place d’un réseau

1.3. La péninsule italique, un cas particulier

2. LE CASQUE CORINTHIEN, RITES ET SYMBOLISME

2.1. Les sanctuaires et dépôts votifs

2.2. Le contexte fluvial et maritime

2.3. Le contexte funéraire

3. CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

INTRODUCTION1

Le casque corinthien, associé à la figure de l’hoplite (Snodgrass, 1967Snodgrass, A. M. (1967). Arms and armour of the Greeks. London: Thames & Hudson., pp. 49-51) et aux combats d’infanterie, a connu entre la fin du VIIIème s. av. J.-C. et le milieu du Vème s. av. J.-C.2 (Frielinghaus, 2011Frielinghaus, H. (2011). Die Helme von Olympia: ein Beitrag zu Waffenweihungen in griechischen Heiligtümern. Berlin: Walter de Gruyter.) une grande diffusion (Fig. 1). On trouve en effet des casques corinthiens du sud de la péninsule Ibérique aux côtes de la mer Noire (Pflug, 1988bPflug, H. (1988b). “Korinthische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 65-106., p. 101). Une telle expansion d’un objet considéré comme typiquement grec ne peut pas seulement être expliquée par les fondations de cités grecques ou par les mouvements militaires. Centrer l’étude du casque corinthien sur sa fonction militaire nous paraît insuffisant, compte tenu des différents aspects que cet objet peut revêtir, un aspect utilitaire, mais aussi un aspect social et politique, et un aspect symbolique.

Mapa de Europa y el Mediterráneo que muestra sitios de entrega de cascos corintios con áreas de influencia y presencia fronteriza de ciudades griegas destacadas en colores y líneas.

Descripción generada con IA

Figure 1. Carte de diffusion des casques corinthiens, d’après la carte de
H. Pflug dans Pflug, 1988b, modifiée et complétée par S. Alloin.

La diffusion des casques corinthiens suit ainsi différents chemins, impliquant divers acteurs et changeant de valeur selon les régions. L’étude des différents exemplaires et de leur contexte de découvertes va nous permettre d’appréhender la question des acteurs impliqués dans la diffusion des casques, mais aussi celle de la valeur attribuée à cet objet.

Si l’on se concentre sur les caractères morphologiques des casques corinthiens, il s’agit d’un casque tout à fait fonctionnel d’un point de vue militaire. Les dernières typologies ‒ de Hermann Pflug (Pflug, 1988bPflug, H. (1988b). “Korinthische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 65-106.) puis de Heide Frielinghaus (Frielinghaus, 2011Frielinghaus, H. (2011). Die Helme von Olympia: ein Beitrag zu Waffenweihungen in griechischen Heiligtümern. Berlin: Walter de Gruyter.) ‒ séparent l’évolution du casque corinthien en trois grandes étapes, divisées en divers groupes.

La première étape (Frielinghaus, 2011Frielinghaus, H. (2011). Die Helme von Olympia: ein Beitrag zu Waffenweihungen in griechischen Heiligtümern. Berlin: Walter de Gruyter., pp. 14-15) comprend des casques de forme très rigide, hauts et étroits, avec des bords inférieurs horizontaux et des parois droites. La calotte est hémisphérique, les paragnathides sont verticales et présentent des angles prononcés, tandis que le nasal est peu développé. Ces casques peuvent être ornés d’une ligne de trous sur les bords inférieurs, qui peut servir de moyen de fixation pour une garniture en matériaux périssables. Aucun autre type de décor n’est connu pour cette étape. Le développement de ce casque est donc bien venu d’une volonté de protection lors des combats.

Les casques de l’étape 2 (Frielinghaus, 2011Frielinghaus, H. (2011). Die Helme von Olympia: ein Beitrag zu Waffenweihungen in griechischen Heiligtümern. Berlin: Walter de Gruyter., pp. 22-41) sont progressivement plus adaptés à la forme de la tête. Ils présentent un profil incurvé, ce qui permet le développement d’un protège-nuque. Les bords inférieurs s’incurvent également et sont interrompus par des découpes latérales. Les casques sont alors répartis en deux grandes formes, la prägnante Konturlinie et la gerundete Konturlinie. La variabilité de caractères et de décors est très importante, d’où les nombreux sous-groupes. Notons que certains groupes présentent un renforcement de certaines parties particulièrement sensibles, comme le groupe Myros (Kunze, 1961Kunze, E. (1961). “Korinthische Helme”. Bericht über die Ausgrabungen in Olympia, VII, pp. 56-128., pp. 86-87 ; Frielinghaus, 2011Frielinghaus, H. (2011). Die Helme von Olympia: ein Beitrag zu Waffenweihungen in griechischen Heiligtümern. Berlin: Walter de Gruyter., pp. 34-36) ou le groupe de Nicosie (Frielinghaus, 2011, pp. 36-39). Cependant, une faible épaisseur n’est pas forcément synonyme de plus faible protection. Des analyses de duretés (Blyth, 1988, pp. 53-56) effectuées sur divers casques corinthiens anciens ont montré que si ces casques sont minces (1-1,5 mm) et peu durs, ils résistent cependant très bien à la déformation. Le but des premiers casques est ainsi d’absorber le choc. En revanche, l’épaississement (et donc l’alourdissement) de certains casques comme ceux du groupe Myros montre la volonté d’éviter que les armes ne le transpercent, ce qui pourrait indiquer une augmentation des combats au corps-à-corps.

La forme des casques de l’étape 3 (Frielinghaus, 2011Frielinghaus, H. (2011). Die Helme von Olympia: ein Beitrag zu Waffenweihungen in griechischen Heiligtümern. Berlin: Walter de Gruyter., pp. 41-45) est assez différente. Ils présentent en effet une séparation marquée entre la calotte et les parois, tout en étant fait en une seule pièce. De construction plus légère, un grand nombre de ces casques présente un bord de calotte qui se prolonge au-dessus du front, et des paragnathides très allongées vers le bas, ce qui permet de relever le casque sur le haut de la tête (Pflug, 1988bPflug, H. (1988b). “Korinthische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 65-106., p. 89).

La présence de fixations pour un cimier (Frielinghaus, 2011Frielinghaus, H. (2011). Die Helme von Olympia: ein Beitrag zu Waffenweihungen in griechischen Heiligtümern. Berlin: Walter de Gruyter., pp. 72-81) ou un panache est possible pour toutes les étapes. Ainsi, l’évolution morphologique du casque corinthien est liée à l’évolution des tactiques et pratiques guerrières.

Le caractère fonctionnel du casque corinthien en Grèce continentale, d’où il est originaire (Pflug, 1988bPflug, H. (1988b). “Korinthische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 65-106., p. 65), fait ainsi peu de doute.

1. LES ACTEURS DE DIFFUSION

1.1. Mercenariat et déplacements militaires

Quatre casques corinthiens sont connus dans le sud de l’Espagne, dont trois proviennent de fleuves (Fig. 2). Il s’agit des casques de Huelva (prov. Huelva), de Jerez de la Frontera (prov. Cadix) et de Sanlúcar de Barrameda (prov. Cadix). Le dernier, le casque de Málaga (prov. Málaga), a été découvert dans une sépulture (García González et al., 2013García González, D., Lopez Chamizo, S., Cumpian Rodríguez, A. et Sánchez Bandera, P. J. (2013). “La tumba del guerrero. Un hallazgo de época protohistórica en Málaga”. Mainake, XXXIV, pp. 277-292.; Fig. 3). À l’exception du casque de Jerez de la Frontera qui appartient à l’étape 1, tous appartiennent à l’étape 2, et sont datés aux alentours du milieu du VIème s. av. J.-C. La question des porteurs de ces casques est importante. Concernant les casques en contexte fluvial, il est très difficile de déterminer qui a pu les déposer. Ils ont en effet très bien pu être jetés à l’eau par des Ibères, mais aussi par des Grecs. La pratique de dépôts d’armes en milieu aquatique n’est pas courante en Grèce, mais nous pouvons citer tous les casques découverts dans l’Alphée. Des Grecs auraient aussi pu s’adapter aux pratiques locales, ou inversement, des locaux auraient pu intégrer ces casques grecs à leur pratique. Enfin, il est également possible que ces casques aient été offerts par des Phéniciens. Selon J. Jiménez Ávila, ces casques auraient pu appartenir à des marins ou à des mercenaires grecs ou puniques, qui auraient emporté ces casques pour se protéger d’attaques de pirates, puis les auraient offerts à des divinités marines. Le casque de Jerez de la Frontera notamment, en raison de sa datation, aurait pu être possédé par des Phéniciens (Jiménez Ávila, 2002Jiménez Ávila, J. (2002). La toréutica orientalizante en la Península Ibérica. Madrid: Real Academia de la Historia., pp. 239-240), toujours selon J. Jiménez Ávila. Cependant, rappelons que si la fabrication du casque est datée du premier quart du VIIe s. av. J.-C., il est impossible de dater son dépôt. L’hypothèse, sinon du mercenariat (plus courant au Vème s. av. J.-C., Graells i Fabregat, 2014Graells i Fabregat, R. (2014). Mistophoroi ex Iberias: una aproximación al mercenariado hispano a partir de las evidencias arqueológicas (s. VI-IV a.C.). Venosa: Osanna., p. 96), du moins d’un circuit d’armes et de mode de combat (une “koiné militaire méditerranéenne”, Graells i Fabregat, 2016Graells i Fabregat, R. (2016). “La influencia del mercenariado hispánico sobre el armamento de la Península Ibérica (s.VI-IV a.C.)”, R. Graells i Fabregat et D. Marzoli (éd.), Armas de la Hispania prerromana: actas del Encuentro Armamento y arqueología de la guerra en la península Ibérica prerromana (s. VI-I a. C.): problemas, objetivos y estrategias. RGZM Tagungen, 24. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 37-78., p. 53) est également avancée par R. Graells i Fabregat, et est intéressante car elle concerne également le casque de Málaga. En effet, cette tombe est assez isolée des autres, et les nécropoles contemporaines autour de Málaga ne présentent pas le même rituel funéraire pour la majorité d’entre elles (Torelli et Rodriguez Oliva, 2018, pp. 15-18). La présence d’objets orientaux (sceau représentant Sekhmet) et le caractère guerrier du mobilier funéraire (casque, lance, peut être un bouclier) sont ainsi en faveur d’un acteur (mercenaire ?) non ibère, peut-être même phénicien (Graells i Fabregat, 2014Graells i Fabregat, R. (2014). Mistophoroi ex Iberias: una aproximación al mercenariado hispano a partir de las evidencias arqueológicas (s. VI-IV a.C.). Venosa: Osanna., pp. 97-98), ou étrusque (Graells i Fabregat, 2014Graells i Fabregat, R. (2014). Mistophoroi ex Iberias: una aproximación al mercenariado hispano a partir de las evidencias arqueológicas (s. VI-IV a.C.). Venosa: Osanna., p. 98), sans certitude absolue. La présence de tombes de guerriers du VIème s. av. J.-C. avec des armes ou des ornements singuliers n’est ainsi pas un cas isolé en Andalousie (Graells i Fabregat, 2016Graells i Fabregat, R. (2016). “La influencia del mercenariado hispánico sobre el armamento de la Península Ibérica (s.VI-IV a.C.)”, R. Graells i Fabregat et D. Marzoli (éd.), Armas de la Hispania prerromana: actas del Encuentro Armamento y arqueología de la guerra en la península Ibérica prerromana (s. VI-I a. C.): problemas, objetivos y estrategias. RGZM Tagungen, 24. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 37-78., pp. 53-60), et d’autres armes allochtones ont été retrouvées en péninsule Ibérique. Notons également que trois de ces casques hispaniques ne proviendraient pas de Grèce mais d’Italie. Le casque de Huelva serait ainsi une production des cités grecques d’Italie du Sud (Martín Ruiz et García Carretero, 2018, p. 280). Le casque de Sanlúcar de Barrameda est, quant à lui, fréquemment appelé “casque étrusco-corinthien” (Graells i Fabregat et Lorrio Alvarado, 2016Graells i Fabregat, R. et Lorrio Alvarado, A. J. (2016). “Helmets in the waters of the Iberian Peninsula: ritual practices and data for discussion”. In: Egg, M., Naso, A. et Rollinger, R. (dirs.), Waffen für die Götter: Waffenweihungen in Archäologie und Geschichte: Akten der internationalen Tagung am Institut für Archäologien der Leopold-Franzens-Universität, Innsbruck, 6. - 8. März 2013. RGZM Tagungen, 28. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 143-152., p. 146; Martín Ruiz et García Carretero, 2018Martín Ruiz, J. A. et García Carretero, J. R. (2018). “Greek Armament from the South of the Iberian Peninsula during the 1st Millennium BC”. Athens Journal of History, 4-4, pp. 279-294. DOI : https://doi.org/10.30958/ajhis.4-4-2, p. 282). Enfin, le casque de Málaga est recouvert de décors, dont une palmette sur le front et des paires d’animaux (oiseaux et serpents), des motifs qui rapprochent ce casque des productions italiques, preuve de relations complexes entre l’Ibérie et la Méditerranée centrale.

Mapa que muestra la distribución de cascos corintios en contextos fluviales y marítimos en Europa y el Mediterráneo con una leyenda que indica hallazgos en ríos, lagos y mar.

Descripción generada con IA

Figure 2. Les casques corinthiens en contexte fluvial et maritime. Liste des sites : 1. Huelva 2. Guadalquivir (Sanlúcar de Barrameda) 3. Guadalete (Jerez de la Frontera) 4. Isola del Giglio 5. Crotone 6. Gela 7. Punta Bracceto 8. Челопеч/Čelopeč 9. Челопечене/Čelopečene 10. Alexandru Ioan Cuza 11. Mersin 12. Olympie.

Mapa que muestra la distribución de casos orígenes en contextos funerarios y particulares en Europa y el Mediterráneo con puntos rojos y negros indicando diferentes tipos de descubrimientos.

Descripción generada con IA

Figure 3. Les casques corinthiens en contexte funéraire et particulier. Liste des sites : 13. Málaga 14. Sant’Antioco 15. Vénétie 16. Alentours de Bologne 17. Villanova 18. Populonia/Piombino 19. Vetulonia 20. San Severino 21. Sirolo 22. Belmonte Piceno 23. Cupra Marittima 24. Colli del Tronto 25. Vulci 26. Campovalano 27. Sala Consilina 28. Ruvo del Monte 29. Melfi 30. Lavello 31. Baragiano 32. Torre di Satriano 33. Braida di Vaglio 34. Oppido Lucano 35. Banzi 36. Tolve 37. San Chirico Nuovo 38. Accettura 39. Armento 40. Ferrandina 41. Miglionico 42. Chiaromonte 43. Carlantino 44. Ruvo di Puglia 45. Valenzano 46. Rutigliano 47. Ginosa 48. Montagna di Marzo 49. Kaptol 50. Glasinac 51. Trebenište 52. Sindos 53. Aghia Paraskevi 54. Ромейково/Romejkovo 55. Solokha 56. Volna 57. Ajios Euthimias/Amphissa 58. Corinthe 59. Hermione 60. Paphos.

Cette présence de casque corinthien en contexte potentiellement phénicien n’est pas le seul exemple. Ainsi, trois casques corinthiens (Angelucci, 1890Angelucci, A. (1890). Catalogo della Armeria Reale. Torino: Tipografia editrice G. Candeletti., pp. 11-12; Della Marmora, 1820Della Marmora, A. (1820). “Memoria sopra due armature di bronzo scoperte nel 1820 in un antico sepolcro dell’isola di S. Antioco attigua a quella di Sardegna”. Memorie dell’Accademia Reale delle Scienze di Torino 25, pp. 107-118., pp. 108-109; Grassi, 1820) ont été découverts dans la nécropole punique de Sant’Antioco (prov. Sardaigne du Sud), dont deux proviendraient de la même tombe avec une cnémide en bronze. Il pourrait s’agir d’un groupe de mercenaires grecs engagés par Sulcis, ou bien de mercenaires sardes recrutés par des Grecs.

L’hypothèse du mercenariat et/ou de déplacements de militaires grecs est également probable pour les casques présents en Sicile. En effet, sur les six casques actuellement connus sur l’île (Allegro, 2022Allegro, N. (2022). “ Le armi dall’Athenaion di Himera”. In: Scarci, A., Graells i Fabregat, R. et Longo, F. (dirs.), Armi votive in Sicilia: Atti del Convegno Internazionale di Studi Siracusa Palazzolo Acreide 12-13 Novembre 2021. Tagungen RGZM, 48. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 99-126., p. 104; Pflug, 1988bPflug, H. (1988b). “Korinthische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 65-106., p. 101; Spatafora, 2010Spatafora, F. (2010). “1. Per un’ « archeologia degli incontri »: Sicani ed Elimi nella Sicilia greca”. In: Tréziny, H. (éd.), Grecs et indigènes de la Catalogne à la mer Noire, Actes des rencontres du programme européen Ramses2 (2006-2008). Aix-en-Provence: centre Camille Jullian, pp- 2539., p. 37; 2011Spatafora, F. (2011). “Armi e guerrieri nella Sicilia indigena: segni di guerra in luoghi di pace, in Miti di guerra, riti di pace”. In: Masseria, C. et Loscalzo, D. (dirs.), Miti di guerra, riti di pace: la guerra e la pace, un confronto interdisciplinare, Atti del Convegno (Torgiano 4 maggio 2009, Perugia, 5-6 maggio 2009). Bari: Edipuglia, pp. 181-190., pp. 183-185), quatre sont assez complets pour être datés, et ils sont tous rattachés à l’étape 3. De plus, deux de ces casques (Himère, prov. Palerme, et Montagnola di Marineo, prov. Palerme) sont des dépôts votifs en sanctuaire, un contexte que l’on retrouve majoritairement en Grèce (fig. 4). Cette arrivée tardive des casques sur un territoire où la présence grecque est forte nous semble liée à des déplacements militaires, d’autant que la fin du VIème s. av. J.-C. et le début du Vème s. av. J.-C. est une période de tensions grandissantes. La présence de mercenaires employés par les Carthaginois est par ailleurs mentionnée par Diodore de Sicile (Diodore, 1865Diodore de Sicile (1865). Bibliothèque historique. T. 11, trad. du grec par F. Hoeffer. [En ligne, consulté le 1er octobre 2025]. URL: https://remacle.org/bloodwolf/historiens/diodore/livre11a.htm., 11, I; Spatafora, 2022Spatafora, F. (2022). “ Le armi dall’area sacra della Montagnola di Marineo”. In: Scarci, A., Graells i Fabregat, R. et Longo, F. (dirs.), Armi votive in Sicilia: Atti del Convegno Internazionale di Studi Siracusa Palazzolo Acreide 12-13 Novembre 2021. RGZM Tagungen, 48. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 127-138., p. 135).

Mapa que muestra los lugares de descubrimiento de cascos corintios en santuarios de la región del mar Adriático y el mar Egeo con diferentes símbolos para contextos de descubrimiento.

Descripción generada con IA

Figure 4. Les casques corinthiens découverts dans des sanctuaires. Liste des sites : 61. Timpone della Motta ; 62. Montagnola di Marineo ; 63. Himère ; 64. Песчаная/Pesčannaja ; 65. Delphes ; 66. Kalapodi ; 67. Athènes ; 68. Olympie ; 69. Isthmia ; 70. Samos ; 71. Lindos.

En ce qui concerne la péninsule italique, le nombre de casques corinthiens découverts y est particulièrement élevé, sans compter tous les casques “de Grande-Grèce” ou “d’Italie du Sud” présents dans de nombreux musées (Louvre, British museum, Kunsthistorisches Museum à Vienne…). Il est intéressant de noter que les casques les plus anciens découverts en Italie proviennent majoritairement des alentours de la baie de Naples (Fig. 3), point d’arrivée des Grecs en Italie. Cependant, la majorité des casques italiques proviennent de sépultures élitaires autochtones, les déplacements militaires ne sont donc probablement pas le facteur principal de diffusion ici.

Plus à l’est, plusieurs casques retiennent notre attention. Trois proviennent de fleuves (Borangic et Josanu, 2022Borangic, C. et Josanu, V. (2022). “A greek corinthian helmet accidentally discovered in Iaşi county, Romania”. Journal of Ancient History and Archaeology, 9-1, pp. 125-140. DOI: https://doi.org/10.14795/j.v9i1.742.), dont deux en Bulgarie (Челопеч/Čelopeč, prov. Sofia, et Челопечене/Čelopečene, prov. Dobričská) et un en Roumanie (Alexandru Ioan Cuza, prov. Iaşi). Comme pour les casques de péninsule Ibérique, il est très difficile de définir les acteurs impliqués, mais il pourrait s’agir de mercenaires, qu’ils soient thraces ou grecs. Un autre casque (Borangic et Josanu, 2022Borangic, C. et Josanu, V. (2022). “A greek corinthian helmet accidentally discovered in Iaşi county, Romania”. Journal of Ancient History and Archaeology, 9-1, pp. 125-140. DOI: https://doi.org/10.14795/j.v9i1.742., p. 129) provient d’une sépulture près de Volna (Krasnodar). La sépulture serait datée d’entre 450 et 425 av. J.-C. et le défunt serait, selon certaines hypothèses (Borangic et Josanu, 2022Borangic, C. et Josanu, V. (2022). “A greek corinthian helmet accidentally discovered in Iaşi county, Romania”. Journal of Ancient History and Archaeology, 9-1, pp. 125-140. DOI: https://doi.org/10.14795/j.v9i1.742., p. 129), un cavalier grec. La présence d’armes dans les sépultures grecques de cette période est cependant rare (Graells i Fabregat, 2021Graells i Fabregat, R. (2021). “Weapons of Olympia: some observations”. Thiasos 10.2, pp. 15-22., p. 169), et le casque corinthien est plutôt un casque d’infanterie que de cavalerie.

Enfin, notons la présence à Chypre du seul casque corinthien découvert sur un lieu de bataille (Fig. 3). Il s’agit de l’exemplaire de Paphos (Maier et Von Wartburg, 2009Maier, F. G. et von Wartburg, M. L. (2009). “Reconstruction of a siege: the Persians at Paphos”. In: T. Kiely (éd.), Ancient Cyprus in the British Museum. London: The British Museum, pp. 7-20., pp. 7-8), qui serait associé au siège de la ville par les Perses en 498 av. J.-C. Il a ainsi été découvert près du lieu de construction d’une rampe de siège, proche d’un casque en fer et de nombreuses armes de jet.

1.2. Cadeau diplomatique et marqueur social

1.2.1. Des casques ostentatoires

Si les déplacements militaires et le mercenariat ont eu un rôle important dans la diffusion du casque corinthien, ils n’en sont pas les seuls responsables. Le casque, en plus d’être une arme défensive, est également un objet de valeur et de prestige. L’évolution morphologique du casque corinthien n’est pas seulement induite pour plus de praticité, mais suit également un but esthétique et ostentatoire. Certains exemplaires, par exemple le casque “de Tarente” conservé au musée d’Arts et d’Histoire de Genève, ou le casque de la tombe 170 de Sotto la Croce (Chiaromonte, prov. Potenza; Bottini, 1993Bottini, A., éd. (1993). Armi: gli strumenti della guerra in Lucania [catalogo della mostra del Museo archeologico nazionale del Malfese, Melfi, 1993]. Le mostre, i cataloghi, 2. Bari: Edipuglia., pp. 71-78) sont ainsi ornés de protomés d’animaux. Ces protomés prennent souvent la forme d’oreilles et/ou des cornes de taureau, ces dernières pouvant atteindre jusqu’à 45 cm de haut (Frielinghaus, 2011Frielinghaus, H. (2011). Die Helme von Olympia: ein Beitrag zu Waffenweihungen in griechischen Heiligtümern. Berlin: Walter de Gruyter., pp. 75-78). Ces ornements sont souvent réversibles, mais parfois fixes. Au moins 30 exemplaires de ce type sont recensés à Olympie (Frielinghaus, 2011Frielinghaus, H. (2011). Die Helme von Olympia: ein Beitrag zu Waffenweihungen in griechischen Heiligtümern. Berlin: Walter de Gruyter., pp. 75).

Notons également le développement de décors. À partir de l’étape 2, les casques peuvent présenter des décors, les plus fréquents étant des palmettes et autres fleurs sur le front, le coin des yeux ou ceux des découpes latérales, des sourcils, mais aussi des paires d’animaux, ou des formes géométriques. Le groupe à la fleur de lotus (Frielinghaus, 2011Frielinghaus, H. (2011). Die Helme von Olympia: ein Beitrag zu Waffenweihungen in griechischen Heiligtümern. Berlin: Walter de Gruyter., pp. 33) est ainsi caractérisé par une fleur de lotus en relief sur le front. Cette fleur n’est par ailleurs pas toujours en bronze, et cet apport d’éléments dans d’autres matériaux est visible sur plusieurs casques non rattachés à ce groupe. Ainsi, le casque de Vulci (Adam, 1984Adam, A-M. (1984). Bronzes étrusques et italiques. Paris: Bibliothèque nationale., pp. 108-110) présente une ligne de clous en argent sur les bords inférieurs (en plus d’abondants décors et d’un bas-relief sur le front), et le casque d’Aghia Paraskevi (Ministère de la Culture et du Tourisme de Grèce, 1995Ministère de la Culture et du Tourisme de Grèce, éd. (1995). Les Macédoniens: les Grecs du nord et l’époque d’Alexandre le Grand : Musée d’archéologie méditerranéenne, Centre de la Vieille Charité, Marseille 20 juillet - 12 novembre 1995. Athènes: Ministère de la Culture, ICOM comité national hellénique., pp. 176-177) conserve des traces de dorures au niveau du nasal.

1.2.2. La mise en place d’un réseau

Tous ces éléments montrent que le casque peut être utilisé comme marqueur social, symbole d’un statut, ou de liens avec les Grecs. En effet, l’expansion des casques suit l’expansion grecque3. L’arrivée de ces nouveaux venus sur des terres occupées implique ou de prendre ces terres par la force, ou de les négocier. Une bonne entente avec les populations locales est alors souhaitable, notamment pour établir un réseau commercial ensuite. La pratique du don/contre-don, conceptualisé par Marcel Mauss (Mauss, 1923-1924Mauss, M. (1923-1924). “Essai sur le don, forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques”. L’année Sociologique, seconde série.), est ainsi, d’après M. Gras, une des pratiques4 et valeurs communes aux populations méditerranéennes antiques (Gras, 1995Gras, M. (1995). La Méditerranée archaïque. Paris: Armand Colin., pp. 113-117). Il est donc probable que les casques corinthiens aient été utilisés comme cadeau diplomatique. Plusieurs exemplaires nous semblent dépendre de liens diplomatiques plutôt que de mouvements militaires.

Dans les Balkans, cinq exemplaires sont présents, auxquels il faut en ajouter au moins quatre en Macédoine grecque. Le contexte de découverte de trois de ces casques est bien connu, à savoir le casque de Kaptol (Croatie, com. Požega-Slavonie; Potrebica, 2019Potrebica, H. (2019). “Kaptolska skupina i Požeška kotlina”. Arheološki vestnik, 70, pp. 487-515., p. 507 ; Vejvoda et Mirnik, 1991Vejvoda, V. et Mirnik, I. (1991). “Prethistorijski Kaptol”. In: Potrebica, F. et Matešić, K. (éds.), Kaptol 1221-1991. Kaptol: Mjesna zajednica Kaptol, pp. 9-23., p. 16), celui de Glasinac (Bosnie-Herzégovine; Benac et Čović, 1956Benac, A. et Čović, B. (1956). Glasinac. Katalog prehistoriske zbirke, 1. Sarajevo: Zemaljski muzej u Sarajevu., p. 79 ; Popović et al., 1969Popović, Lj. B., Mano-Zisi, Đ., Veličkovič, D. M. et Jelečić, B. (1969). Antička bronza u jugoslaviji. Beograd: Narodni muzej., p. 68; Stibbe, 2002Stibbe, C.M. (2002). Trebenishte: the fortunes of an unusual excavation. Studia archaeologica 121. Roma: l’Erma di Bretschneider., p. 115; Truhelka, 1891Truhelka, C. (1891). Prehistoričke gradine na Glasincu. Sarajevo: Zemaljska stamp., pp. 70-72), et celui de Trebenište (Macédoine du Nord, com. Debartsa, Filow, 1927Filow, B.D. (1927). Die archaische Nekropole von Trebenischte am Ochrida-See. Berlin: Walter de Gruyter., pp. 1-4; Stibbe, 2002Stibbe, C.M. (2002). Trebenishte: the fortunes of an unusual excavation. Studia archaeologica 121. Roma: l’Erma di Bretschneider., pp. 9-17). Tous trois proviennent de sépultures (Fig. 3) de tailles importantes, avec du mobilier luxueux et des objets importés. L’appartenance des défunts à l’élite locale est donc très probable. Les casques de Sindos (Potrebica, 2008Potrebica, H. (2008). “Contacts between Greece and Pannonia in the Early Iron Age with Special Concern to the Area of Thessalonica”. In: Biehl, P. F. et Rassamakin, Y. (dirs.), Import and imitation in archaeology. Langenweissbach: Baier & Beran, pp. 187-212., pp. 193) et d’Aghia Paraskevi (Ministère de la Culture et du Tourisme de Grèce, 1995Ministère de la Culture et du Tourisme de Grèce, éd. (1995). Les Macédoniens: les Grecs du nord et l’époque d’Alexandre le Grand : Musée d’archéologie méditerranéenne, Centre de la Vieille Charité, Marseille 20 juillet - 12 novembre 1995. Athènes: Ministère de la Culture, ICOM comité national hellénique., pp. 176-177) proviennent également de sépultures. Nous avons déjà mentionné le casque d’Aghia Paraskevi pour ces traces de dorures, caractéristique que l’on retrouve également sur les casques illyriens de la région (Potrebica, 2008Potrebica, H. (2008). “Contacts between Greece and Pannonia in the Early Iron Age with Special Concern to the Area of Thessalonica”. In: Biehl, P. F. et Rassamakin, Y. (dirs.), Import and imitation in archaeology. Langenweissbach: Baier & Beran, pp. 187-212., p. 193), et il est possible que ce soit également le cas du casque de Trebenište5. En raison de la complexité géographique et sociale de ces régions, la mise en place de routes commerciales dépendait d’un grand nombre de communautés, avec lesquelles il a fallu conserver de bonnes relations (Babic, 1990Babić, S. (1990). “Graeco-Barbarian Contacts in the Early Iron Age in the Central Balkans”. Balcanica - Annual of the Institute for Balkan Studies, XXI, pp. 165-183., p. 170 ; Potrebica, 2008Potrebica, H. (2008). “Contacts between Greece and Pannonia in the Early Iron Age with Special Concern to the Area of Thessalonica”. In: Biehl, P. F. et Rassamakin, Y. (dirs.), Import and imitation in archaeology. Langenweissbach: Baier & Beran, pp. 187-212., p. 189). Les Balkans sont ainsi situés stratégiquement pour le commerce du cuir, de fourrures et de miel, mais aussi de métaux et d’ambre venus du nord. Cela a mené à la mise en place d’un réseau de routes commerciales complexes, et changeantes selon la stabilité politique des différents centres impliqués. La présence des casques dans des tombes de l’élite, et dans des carrefours commerciaux (Sindos, Trebenište) est en faveur de l’hypothèse du cadeau diplomatique. Il ne s’agit donc pas ici d’une “hellénisation” d’un territoire6, mais bien d’échanges culturels complexes. La répartition des casques corinthiens dans les Balkans pourrait ainsi correspondre aux routes commerciales reliant les deux régions (Potrebica, 2008Potrebica, H. (2008). “Contacts between Greece and Pannonia in the Early Iron Age with Special Concern to the Area of Thessalonica”. In: Biehl, P. F. et Rassamakin, Y. (dirs.), Import and imitation in archaeology. Langenweissbach: Baier & Beran, pp. 187-212., p. 193). De plus, l’utilisation d’une technique très utilisée dans la région, la dorure, pourrait être la trace d’une fabrication personnalisée, ou d’une “commande” d’une figure de l’élite.

Autour de la mer Noire, deux casques corinthiens proviennent de sépultures élitaires (Fig. 3). Le premier a été découvert dans une tombe près de Ромейково/Romejkovo (rég. Cherkasy, Borangic et Josanu, 2022, p. 129; Fundunklej, 1848Funduklej, I. (1848). Obozrenie mogil, valov I gorodishch Kievskoj gubernii, izdannoe po vysochajshiemu soizvoleniyu Kievskim grazhdanskim gubernatorom. Kiev: Въ ТипограФІи ѲеоФИла Гликсберга., pp. 72-73), et le deuxième du kourgane de Solokha (raï. de Vassylivka, Borangic et Josanu, 2022Borangic, C. et Josanu, V. (2022). “A greek corinthian helmet accidentally discovered in Iaşi county, Romania”. Journal of Ancient History and Archaeology, 9-1, pp. 125-140. DOI: https://doi.org/10.14795/j.v9i1.742., pp. 129; Polovtsoff, 1914Polovtsoff, S. (1914). “Une Tombe De Roi Scythe (tumulus De Solokha, Russie Méridionale)”. Revue Archéologique, 23, pp. 164-190.). Comme dans les Balkans, les territoires autour de la mer Noire étaient habités par de nombreuses communautés. L’installation de cités grecques sur ces terres a indéniablement mené à des conflits, mais aussi à de nombreux échanges culturels et techniques, du commerce, et des mariages (Dana, 2018Dana, M. (2018). “Grecs et populations locales autour de la mer Noire, du VIIIe siècle au IIIe siècle av. J.-C.”. Cadernos do Lepaarq, XV, 29, pp. 359-379. DOI: https://doi.org/10.15210/lepaarq.v15i29.11493., pp. 368-373). La présence d’objets luxueux de fabrication grecque est ainsi bien connue dans des kourganes scythes, ou des tombes de la côte ouest, et les Grecs ont dû adopter des pratiques locales afin de s’adapter à ce nouvel environnement. Cette hybridation culturelle est visible sur certains éléments du mobilier funéraire. Le casque de Ромейково/Romejkovo présente quelques lacunes et fissures, mais elles proviennent vraisemblablement de ses conditions d’enfouissement. L’absence de trace de coup est en faveur d’un casque offert (ou demandé), plutôt que d’un butin. L’exemplaire de Solokha est quant à lui un cas particulier, car il a vraisemblablement été adapté pour correspondre aux modes de combats locaux, comme l’archerie à cheval. Ainsi, seule la calotte a été conservée, et une ligne de trous a été ajoutée pour fixer une garniture. Des restes de soie ont par ailleurs été retrouvés dans le casque (Polovtsoff, 1914Polovtsoff, S. (1914). “Une Tombe De Roi Scythe (tumulus De Solokha, Russie Méridionale)”. Revue Archéologique, 23, pp. 164-190., p. 174). On peut donc affirmer que ce casque a été porté, mais le moyen d’obtention est moins certain. L’absence de traces de coup ou de réparation au niveau de la calotte et la représentation d’un casque corinthien sur le peigne en or de cette même sépulture est en faveur de l’hypothèse du cadeau diplomatique.

1.3. La péninsule italique, un cas particulier

Attardons-nous maintenant sur le cas de la péninsule italique (Fig. 5 et 6). Il s’agit de la zone ayant livré le plus de casques corinthiens hors de Grèce, avec un minimum de 60 sites. Reconstituer le paysage culturel et les différentes identités présentes sur le territoire est très complexe, tant elles sont nombreuses et changeantes (Bourdin, 2012Bourdin, S. (2012). Les peuples de l’Italie préromaine: identités, territoires et relations inter-ethniques en Italie centrale et septentrionale (VIIIe-1er s. av. J.-C.). Thèse de doctorat, Université Aix Marseille 1 / École française de Rome. ; 2015Bourdin, S. (2015). “Peuplement et ethnies en Italie centrale et septentrionale”. In: Marion, Y. et Tassaux, F. (dirs.), Adriatlas et l’histoire de l’espace adriatique du VIe s. a.C. au VIIe s. p. C. Actes du colloque international de Rome, 4-6 novembre 2013. Bordeaux: Ausonius éditions, pp. 113-129.). La majorité des casques se trouvent en Italie du Sud, mais nous pouvons noter au nord deux zones de concentration, une en Étrurie et une dans les territoires picènes. Si l’arrivée des Grecs est l’élément déclencheur de la diffusion des casques en Italie continentale, une telle profusion est le résultat de plusieurs phénomènes. La majorité des casques découverts en Italie dont le contexte est connu proviennent de sépultures. Leur intégration dans les pratiques funéraires locales et la présence importante d’objets locaux mènent à l’attribution des défunts aux populations locales. Une grande partie de ces tombes se démarque par l’architecture et/ou la grande taille de la structure et la présence de mobilier luxueux, dont des objets importés. Citons les sites de Populonia (prov. Livourne, Jiménez Ávila, 2002Jiménez Ávila, J. (2002). La toréutica orientalizante en la Península Ibérica. Madrid: Real Academia de la Historia., pp. 238; Minto, 1955Minto, A. (1955). “L’antica industria mineraria in Etruria ed il porto di Populonia”. Studi Etruschi, XXIII, pp. 291-319., pp. 309-313; Milleti et al., 2020Milletti, M., Camilli, A. et Biagi, F. (2020). “La Tomba dei Flabelli e l’Orientalizzante a Populonia”. Annali della Fondazione per il Museo Faina, XXVII, pp. 253-302., pp. 268-271), Vetulonia (prov. Grosseto, Cygielman, 2000Cygielman, M. (2000). Vetulonia: Museo civico archeologico Isidoro Falchi: guida. Firenze: Cooperativa Archeologica., p. 52 ; Michelucci, 1981Michelucci, M. (1981). “Vetulonia”. In: Cristofani, M. (éd.), Gli Etruschi in Maremma, popolamento e attività produttive. Milano: Silvana, pp. 137-151., pp. 137-140), Vulci (prov. Viterbe, Luynes, 1836Luynes, D. de (1836). “Le casque de Vulci”. Nouvelles annales publiées par la Section Française de l’Institut Archéologique, I, pp. 51-74., pp. 51-52 ; Adam, 1984Adam, A-M. (1984). Bronzes étrusques et italiques. Paris: Bibliothèque nationale., pp. 108-110), mais aussi Campovalano (prov. Teramo, Chiaramonte Treré et al., 2016Chiaramonte Treré, C., Ercole, V. et Scotti, C. (2016). La Necropoli di Campovalano Tombe orientalizzanti e arcaiche. Oxford: BAR Publishing., pp. 22-27) et Belmonte Piceno (prov. Fermo, Weidig, 2017Weidig, J., dir. (2017). Il ritorno dei tesori piceni a Belmonte. La riscoperta a un secolo dalla scoperta. Belmonte Piceno: Astra edizioni., pp. 62-67 et 124-125 ; 2021, pp. 71-77). Au sud, des sépultures de Baragiano (prov. Potenza; Soprintendenza archeologica della Basilicata et direction des musées de Strasbourg, 1998Soprintendenza archeologica della Basilicata et direction des musées de Strasbourg (1998). Trésors d’Italie du Sud: Grecs et Indigènes en Basilicate [exposition] Ancienne Douane, Strasbourg, 18-06 [au] 15-11-98. Milano: Skira., pp. 204-205; Russo et Giuseppe, 2008Russo, A. et Giuseppe, H., éd. (2008). Felicitas temporum: dalla terra alle genti: la Basilicata settentrionale tra archeologia e storia. Potenza: Soprintendenza per i Beni Archeologici della Basilicata., pp. 513-517), Braida di Vaglio (prov. Potenza, Bottini et Setari, 1994Bottini, A. et Setari, E. (1994). “Basileis? I più Recenti Rinvenimenti a Braida di Serra di Vaglio. Risultati, Prospettive e Problemi”. Bollettino di Archeologia 16–18., pp. 11-16; Bottini et Graells i Fabregat, 2019Bottini, A. et Graells i Fabregat, R. (2019). “Armi et armamento nella mesogaia fra VI e IV secolo”, In: Cazanove, O., Capozzoli, V. et Duplouy, A. (éds.), La Lucanie entre deux mers, archéologie et patrimoine. Naples : Centre Jean Bérard, vol. 2, pp. 831-863., pp. 831-832), Armento (prov. Potenza, Adamesteanu, 1972Adamesteanu, D. (1972). “Una tomba arcaica di Armento”. Atti e memorie della societa Magna Grecia, nuova serie XI-XII, pp. 83-92., pp. 85-87; Bottini, 1993Bottini, A., éd. (1993). Armi: gli strumenti della guerra in Lucania [catalogo della mostra del Museo archeologico nazionale del Malfese, Melfi, 1993]. Le mostre, i cataloghi, 2. Bari: Edipuglia., pp. 61-69), Chiaromonte (prov. Potenza, Bianco et al., 1996Bianco, S., Bottini, A., Pontrandolfo, A., Tagliente, A. R. et Setari, E. (1996). I Greci in Occidente: Greci, Enotri e Lucani nella Basilicata meridionale. Napoli: Electa Napoli., pp. 134-147; Bottini, 1993Bottini, A., éd. (1993). Armi: gli strumenti della guerra in Lucania [catalogo della mostra del Museo archeologico nazionale del Malfese, Melfi, 1993]. Le mostre, i cataloghi, 2. Bari: Edipuglia., pp. 71-95; 2013Bottini, A. (2013). “La panoplia oplitica della tomba 672 di Chiaromonte (PZ)”. Siris, 13, pp. 33-40., pp. 34-36), Rutigliano (prov. Bari, Montanaro, 2019Montanaro, A. C. (2019). “Capi guerrieri ed eroi dalla Puglia centrale. Il complesso della tomba 24/1976 di contrada Purgatorio a Rutigliano (Bari)”. In: Cipriani, M., Greco, E., Pontrandolfo, A. et Scafuro, M. (éds.), Dialoghi sull’Archeologia della Magna Grecia e del Mediterraneo. Atti del III Convegno di Studi, 16-18 novembre 2018, Paestum. Paestum: Pandemos, pp. 613-630., pp. 614-616), ou Ruvo di Puglia (prov. Bari, Montanaro, 1999Montanaro, A. C. (1999). “Una tomba principesca di Ruvo”. Taras, XIX, pp. 217-252., pp. 217-220; 2007Montanaro, A. C. (2007). Ruvo di Puglia e il suo territorio. Le necropoli. Roma: L’Erma di Bretschneider., pp. 450-488), correspondent à cette description. Tous ces éléments nous font considérer ces sépultures comme celles de membres de l’élite, et elles sont même parfois appelées “tombes princières” dans la littérature (Adamesteanu, 1974Adamesteanu, D. (1974). La Basilicata antica: storia e monumenti. Cava dei Terreni: Di Mauro. ; Bourdin, 2012Bourdin, S. (2012). Les peuples de l’Italie préromaine: identités, territoires et relations inter-ethniques en Italie centrale et septentrionale (VIIIe-1er s. av. J.-C.). Thèse de doctorat, Université Aix Marseille 1 / École française de Rome., p. 158 ; De Juliis, 1992De Juliis, E. M. (1992). “Gli Elmi”. In: Cassano, R. (dir.), Principi, imperatori, vescovi: duemila anni di storia a Canosa. Venezia: Marsilio, pp. 547-548.). Notons que d’autres tombes au mobilier moins ostentatoire n’en sont pas “pauvres” pour autant, la présence d’une arme grecque en bronze étant déjà un marqueur de différenciation. Nous avons ainsi remarqué l’appellation “tombe de guerrier”, par exemple pour la tombe de Ferrandina (prov. Matera, Emanuele, 1982Emanuele, P.D. (1982). Armour and Weapons from Pre-Lucanian Basilicata. Thèse de doctorat, University of Texas, Austin., p. 188; Lo Porto, 1973Lo Porto, F.G. (1973). Civiltà indigena e penetrazione greca nella Lucania orientale. Roma: Accademia nazionale dei Lincei., p. 60) ou de Miglionico (prov. Matera, Emanuele, 1982Emanuele, P.D. (1982). Armour and Weapons from Pre-Lucanian Basilicata. Thèse de doctorat, University of Texas, Austin., p. 189; Lo Porto, 1973Lo Porto, F.G. (1973). Civiltà indigena e penetrazione greca nella Lucania orientale. Roma: Accademia nazionale dei Lincei., pp. 58-59), ce qui pourrait traduire une hiérarchisation au sein de la classe élitaire. Comme pour les Balkans, une partie des casques italiques sont donc probablement des cadeaux diplomatiques. Mais contrairement aux Balkans, les casques corinthiens ont été bien plus largement diffusés, en raison du rôle des élites elles-mêmes. Un exemple de la mobilité des élites au sein du territoire italique est la tombe 103 de Ruvo di Puglia, où le défunt n’a pas été enterré selon les pratiques locales, mais inhumé sur le dos, dans une tombe à chambre, ce qui rappelle les coutumes étrusques. C’est le cas de l’intégralité du groupe de tombes auquel elle appartient, un groupe placé en position dominante. La profusion d’objets étrusques dans la tombe en question laisse penser que le défunt était originaire d’Étrurie (Montanaro, 2007Montanaro, A. C. (2007). Ruvo di Puglia e il suo territorio. Le necropoli. Roma: L’Erma di Bretschneider., pp. 175). La présence étrusque au sud de l’Italie est également visible par leur rôle dans la fondation de Sala Consilina ou encore Capoue (D’Agostino, 1998D’Agostino, B. (1998). “Grecs et indigènes en Basilicate du VIIIème au IIIème s. av. J.-C.”. In: Soprintendenza archeologica della Basilicata et direction des musées de Strasbourg (éd.), Trésors d’Italie du Sud: Grecs et Indigènes en Basilicate [exposition] Ancienne Douane, Strasbourg, 18-06 [au] 15-11-98. Milano: Skira, pp. 24-68., pp. 24-26). Cette dernière est par ailleurs très impliquée dans des échanges avec Ruvo di Puglia (Montanaro, 2007Montanaro, A. C. (2007). Ruvo di Puglia e il suo territorio. Le necropoli. Roma: L’Erma di Bretschneider., p. 166).

Mapa que muestra la ubicación de cascos corintios en contextos funerarios en el norte de Italia con un recuadro que indica la región en un mapa más amplio.

Descripción generada con IA

Figure 5. Les casques corinthiens en contexte funéraire en Italie du Nord. Liste des sites : voir Fig. 3.

Mapa que muestra la distribución de cascos corintios en contextos funerarios en el sur de Italia con puntos rojos indicando ubicaciones específicas.

Descripción generada con IA

Figure 6. Les casques corinthiens en contexte funéraire en Italie du Sud. Liste des sites : voir Fig. 3.

La présence d’armes grecques est ainsi fréquente dans les sépultures élitaires, accompagnée de vaisselle liée à la pratique du banquet et du symposium. Mais le casque corinthien n’est pas seulement intégré dans la culture matérielle, il est aussi produit localement et modifié. Les cités grecques de Grande-Grèce ont ainsi leurs ateliers de fabrication, et les modèles italiques sont souvent riches en décors. Cette production cohabite avec une production indigène. Des groupes de casques typiquement italiques voient ainsi le jour. Citons le groupe Picénien (Pflug, 1988bPflug, H. (1988b). “Korinthische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 65-106., p. 95), caractérisé par une fermeture de l’espace entre les deux paragnathides, et les casques à gousset frontaux, un groupe très hétérogène où le bord de la calotte forme un gousset au-dessus du front (Frielinghaus, 2011Frielinghaus, H. (2011). Die Helme von Olympia: ein Beitrag zu Waffenweihungen in griechischen Heiligtümern. Berlin: Walter de Gruyter., pp. 45-52). Cette adaptation du casque corinthien se poursuit jusqu’à la création d’un nouveau type de casque, le casque apulo-corinthien (Bottini, 1988Bottini, A. (1988). “Apulisch-korinthische Helme (K38-43)”. In: Römisch-Germanisches Zentralmuseum, et Antikenmuseum (dirs.), Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum, pp. 107-136. ; Tagliamonte, 2003Tagliamonte, G. (2003). “Note sulla circolazione degli elmi nell’Abruzzo e nel Molise preromani”. Mélanges de l’École française de Rome. Antiquité, 115, pp. 129-175. DOI : https://doi.org/10.3406/mefr.2003.10729., p. 143), des casques presque complètement fermés, parfois même sans ouverture pour les yeux, et pouvant se porter sur l’arrière de la tête.

L’intégration du casque corinthien dans le modèle élitaire italique est ainsi bien visible, surtout au sud, où la densité de sites est la plus importante. Cela peut être considéré comme une adoption puis une modification de pratiques militaires grecques (Bottini, 1993Bottini, A., éd. (1993). Armi: gli strumenti della guerra in Lucania [catalogo della mostra del Museo archeologico nazionale del Malfese, Melfi, 1993]. Le mostre, i cataloghi, 2. Bari: Edipuglia., pp. 49-50 ; Bottini et Graells i Fabregat, 2019Bottini, A. et Graells i Fabregat, R. (2019). “Armi et armamento nella mesogaia fra VI e IV secolo”, In: Cazanove, O., Capozzoli, V. et Duplouy, A. (éds.), La Lucanie entre deux mers, archéologie et patrimoine. Naples : Centre Jean Bérard, vol. 2, pp. 831-863.). On voit ainsi émerger la figure de “l’hoplite cavalier”, comme en témoigne la statuette de Grumentum (prov. Potenza, Bottini, 1993Bottini, A., éd. (1993). Armi: gli strumenti della guerra in Lucania [catalogo della mostra del Museo archeologico nazionale del Malfese, Melfi, 1993]. Le mostre, i cataloghi, 2. Bari: Edipuglia., p. 89), ou les frises de Braida di Vaglio (prov. Potenza, D’Agostino, 1998D’Agostino, B. (1998). “Grecs et indigènes en Basilicate du VIIIème au IIIème s. av. J.-C.”. In: Soprintendenza archeologica della Basilicata et direction des musées de Strasbourg (éd.), Trésors d’Italie du Sud: Grecs et Indigènes en Basilicate [exposition] Ancienne Douane, Strasbourg, 18-06 [au] 15-11-98. Milano: Skira, pp. 24-68., p. 42). Les inventaires des sépultures montrent également cette association entre le casque corinthien et la cavalerie, avec la forte présence de mobilier lié à cette pratique. Cependant, le casque corinthien est bien plus adapté aux combats d’infanterie (Baitinger, 2018Baitinger, H. (2018). “La dedica di armi e armature nei santuari greci - una sintesi”. In: Graells i Fabregat, R. et Longo, F. (dirs.), Armi Votive in Magna Grecia. Tagungen RGZM, 36. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 1-20., p. 6 ; Snodgrass, 1967Snodgrass, A. M. (1967). Arms and armour of the Greeks. London: Thames & Hudson., p. 52) que pour la cavalerie, bloquant la vue sur les côtés et en partie l’ouïe. La formule même d’hoplite cavalier est paradoxale. Le caractère fortement ostentatoire de certains casques (lophos, décors…) questionne également sur la réelle utilisation au combat. De plus, les casques corinthiens ne remplacent pas toujours les casques locaux, parfois présents dans la même tombe. L’association casque corinthien ‒ casque italique est ainsi assez fréquente dans la nécropole de Belmonte Piceno (Weidig, 2021Weidig, J. (2021). “The heroic Virtue of the Warrior. The tomb of the duce and the tomb of the ivory box of Belmonte Piceno (prov. Fermo/I)”. In: Bardelli, G. et Graells i Fabregat, R. (éds.), Ancient weapons, new research perspectives on weapons and warfare in the first millenium BC. RGZM Tagungen, 44. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 71-90., p. 76). La présence d’armes en plusieurs exemplaires nous interpelle. Cela concerne notamment les panoplies équestres, mais la présence de deux chevaux peut s’expliquer par l’utilisation d’un char7 (Lubtchansky, 2005Lubtchansky, N. (2005). Le cavalier tyrrhénien. Représentations équestres dans l’Italie archaïque. Roma: École française de Rome., pp. 37), ou l’aide d’un écuyer (Lubtchansky, 2005Lubtchansky, N. (2005). Le cavalier tyrrhénien. Représentations équestres dans l’Italie archaïque. Roma: École française de Rome., p. 85). Mais certaines sépultures ont livré plusieurs casques par défunts8. La “tombe du Duc” de Belmonte Piceno présentait ainsi quatre casques, dont deux corinthiens, la tombe Malvatani 17 a livré deux casques, la tombe 35 de Baragiano contenait deux casques, les tombes 103, 105 et 107 de Braida di Vaglio en contenaient toutes au moins deux, la tombe 103 de Ruvo di Puglia en aurait contenu jusqu’à dix, la tombe 115 du même site deux casques, et enfin la tombe de Ginosa (prov. Tarento, Bottini et Graells i Fabregat, 2019Bottini, A. et Graells i Fabregat, R. (2019). “Armi et armamento nella mesogaia fra VI e IV secolo”, In: Cazanove, O., Capozzoli, V. et Duplouy, A. (éds.), La Lucanie entre deux mers, archéologie et patrimoine. Naples : Centre Jean Bérard, vol. 2, pp. 831-863., p. 849; Dell’Aglio et Lippolis, 1992Dell’Aglio, A. et Lippolis, E. (1992). Catalogo del Museo Nazionale Archeologico di Taranto / 2,1 Ginosa e Laterza: la documentazione archaeologica dal VII al III sec. A.C. ; scavi 1900-1980. Taranto: la Colomba., pp. 76-82) contenait deux casques. La question de la fonction de ces objets se pose alors, tous n’étant pas utilisables en même temps. Les deux cas les plus emblématiques sont “la tombe du Duc” de Belmonte Piceno et la tombe 103 de Ruvo di Puglia. Dans le premier cas, le défunt est accompagné de quatre casques, quatre jambières et sept chars à deux roues, et dans le deuxième cas le défunt aurait été entouré de pas moins de dix casques, neuf paires de jambières et neuf ceintures9. Pour le cas de Ruvo di Puglia, l’hypothèse d’offrandes de la part d’autres personnages importants a été évoquée (Montanaro, 2007Montanaro, A. C. (2007). Ruvo di Puglia e il suo territorio. Le necropoli. Roma: L’Erma di Bretschneider., pp. 170-171), ou de dépôts d’armes de parade. La présence d’équipements équestres peut également renvoyer à des jeux funéraires, ou à un convoi funéraire (ekphora). Ce pourrait également être la raison des sept chars présents dans la “tombe du Duc”.

On peut aussi penser qu’une personne d’un rang aussi élevé a pu posséder des armes en plusieurs exemplaires, et que toutes ont été enterrées avec elle, montrant ainsi son prestige et sa richesse. Ces objets surnuméraires pourraient aussi avoir une valeur de représentation de la position sociale du défunt (Brun, 2004, p. 59), et ses fonctions au sein de la communauté, ou encore un rôle symbolique. Enfin, on peut supposer que certains casques servaient au combat, et les autres pour des parades ou des cérémonies.

Il est donc possible que pour les élites italiques, le casque corinthien représente un idéal élitaire, sans pour autant être réellement utilisé au combat à cheval. Plus que l’adoption d’un mode de combat, nous aurions ici l’intégration et l’adaptation d’un objet, ce qui entraîne une valeur différente donnée à cet objet que dans sa région d’origine. Ainsi, bien qu’une partie des casques corinthiens d’Italie ait probablement servi au combat, l’aspect militaire du casque corinthien laisse la première place à l’aspect social et politique. L’acteur majoritaire de sa diffusion est alors les élites italiques elles-mêmes.

2. LE CASQUE CORINTHIEN, RITES ET SYMBOLISME

Que le casque soit utilisé pour le combat ou qu’il soit purement un marqueur de rang, il semble posséder une certaine valeur symbolique et/ou religieuse pour son porteur. Cet aspect est plus difficile à appréhender en raison de l’absence de témoignages directs sur le sujet, mais les contextes de découvertes nous offrent de précieux indices. En effet, dans la majorité des contextes observés les casques sont volontairement retirés de la circulation (voire rendus inutilisables), quand ils auraient pu être transmis ou fondus pour fabriquer de nouvelles pièces. Il est possible que les armes défensives soient utilisées pour représenter la partie du corps qu’elles protègent (Wirth, 2007Wirth, S. (2007). “Tombé dans l’eau ? Les découvertes de casques en milieu humide”. In: Barral, P., Daubigney, A., Dunning, C., Kaenel, G. et Roulière-Lambert, M. J. (éds.), L’âge du Fer dans l’arc jurassien et ses marges. Dépôts, lieux sacrés et territorialité à l’âge du Fer. Actes du xxixe colloque international de l’AFEAF; Bienne, 5-8 mai 2005. Bienne: presse universitaire de Franche-Comté, vol. 2, pp. 449-462., p. 456). Le casque serait donc dans cette optique l’extension directe de la tête, ce qui lui donne une certaine importance. Si la valeur et l’utilisation du casque corinthien varient d’une région à l’autre, sa dimension symbolique voire religieuse reste une constante.

2.1. Les sanctuaires et dépôts votifs

La majorité des casques découverts proviennent de sanctuaires grecs (Fig. 4), notamment Olympie (dist. Elide, Frielinghaus, 2011Frielinghaus, H. (2011). Die Helme von Olympia: ein Beitrag zu Waffenweihungen in griechischen Heiligtümern. Berlin: Walter de Gruyter. ; Pflug, 1988bPflug, H. (1988b). “Korinthische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 65-106.), Isthmia (dist. Corinthie), Athènes, Samos, Delphes (dist. Phocide, Frielinghaus, 2007Frielinghaus, H. (2007). “Die Helme von Delphi”. Bulletin de Correspondance Hellénique, 131, 1, pp. 139-185. DOI : https://doi.org/10.3406/bch.2007.7458.), ou encore le sanctuaire d’Athéna à Lindos (Rhodes, Blinkenberg et al., 1931Blinkenberg, C., Kinck, K. F., Dyggve, E. et Poulsen, V. (1931). Lindos: fouilles et recherches 1902-1914 : fouilles de l’Acropole. I, Les petits objets. Berlin: Walter de Gruyter., p. 189), celui d’Himère (prov. Palerme, Allegro, 2022Allegro, N. (2022). “ Le armi dall’Athenaion di Himera”. In: Scarci, A., Graells i Fabregat, R. et Longo, F. (dirs.), Armi votive in Sicilia: Atti del Convegno Internazionale di Studi Siracusa Palazzolo Acreide 12-13 Novembre 2021. Tagungen RGZM, 48. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 99-126., p. 104) en Sicile, ou celui de Timpone della Motta à Francavilla Marittima (prov. Cosenza, Pflug, 1988bPflug, H. (1988b). “Korinthische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 65-106., pp. 93-94, note 121). L’exposition d’armes (Baitinger, 2018Baitinger, H. (2018). “La dedica di armi e armature nei santuari greci - una sintesi”. In: Graells i Fabregat, R. et Longo, F. (dirs.), Armi Votive in Magna Grecia. Tagungen RGZM, 36. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 1-20. ; Frielinghaus, 2007Frielinghaus, H. (2007). “Die Helme von Delphi”. Bulletin de Correspondance Hellénique, 131, 1, pp. 139-185. DOI : https://doi.org/10.3406/bch.2007.7458. ; Graells i Fabregat, 2019Graells i Fabregat, R. (2019). “Sieger für die Ewigkeit. Das einzige erhaltene italische Tropaion im Visier der Forschung (4. Jarhundert v. Chr.)”. In: Baitinger, H. et Schönfelder, M. (dirs.), Hallstatt und Italien: Festschrift für Markus Egg. Monographien des RGZM, 154. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum, pp. 523-537. ; Graells i Fabregat, 2021Graells i Fabregat, R. (2021). “Weapons of Olympia: some observations”. Thiasos 10.2, pp. 15-22., pp. 17-18) et parfois la destruction volontaire de ces armes démontrent une valeur symbolique accordée à l’objet. Il peut s’agir de casques pris au combat, représentant ainsi l’ennemi vaincu, ou d’offrande d’un objet personnel à une divinité. Les motivations peuvent être nombreuses et complexes, politiques comme religieuses, mais dans tous les cas, le casque perd sa fonction militaire.

Un seul casque provient d’une offrande en sanctuaire en contexte non-grec. Il s’agit du casque de Montagnola di Marineo (prov. Palerme, Spatafora, 2010Spatafora, F. (2010). “1. Per un’ « archeologia degli incontri »: Sicani ed Elimi nella Sicilia greca”. In: Tréziny, H. (éd.), Grecs et indigènes de la Catalogne à la mer Noire, Actes des rencontres du programme européen Ramses2 (2006-2008). Aix-en-Provence: centre Camille Jullian, pp- 2539., pp. 35-36 ; 2022Spatafora, F. (2022). “ Le armi dall’area sacra della Montagnola di Marineo”. In: Scarci, A., Graells i Fabregat, R. et Longo, F. (dirs.), Armi votive in Sicilia: Atti del Convegno Internazionale di Studi Siracusa Palazzolo Acreide 12-13 Novembre 2021. RGZM Tagungen, 48. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 127-138.), l’antique Makella. Ce cas est assez unique, étant une offrande d’armes grecques dans un sanctuaire qui ne l’est pas, dans une communauté plutôt alliée des Puniques. Si cela démontre le brassage culturel de la Sicile, les hypothèses derrière les motivations du dépôt sont nombreuses (prise de guerre, présence de mercenaires, dons de l’aristocratie… Spatafora, 2022Spatafora, F. (2022). “ Le armi dall’area sacra della Montagnola di Marineo”. In: Scarci, A., Graells i Fabregat, R. et Longo, F. (dirs.), Armi votive in Sicilia: Atti del Convegno Internazionale di Studi Siracusa Palazzolo Acreide 12-13 Novembre 2021. RGZM Tagungen, 48. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 127-138., p. 135).

Le casque de Песчаная/Pesčannaja (dist. Belotserkovsky, Borangic et Josanu, 2022Borangic, C. et Josanu, V. (2022). “A greek corinthian helmet accidentally discovered in Iaşi county, Romania”. Journal of Ancient History and Archaeology, 9-1, pp. 125-140. DOI: https://doi.org/10.14795/j.v9i1.742., pp. 128-129) provient possiblement d’un dépôt votif, cette fois en fosse. Malheureusement, les informations de contexte sont faibles. Ce casque a subi d’importantes déformations, peut être dû à une exposition à une forte chaleur. Cette déformation pourrait être volontaire, précédant un dépôt rituel, mais en l’absence de fouille, nous ne pouvons en dire plus.

2.2. Le contexte fluvial et maritime

Le caractère rituel est une possibilité pour les dépôts de casques dans des fleuves (Fig. 2), ce qui concerne les casques de Huelva, Jerez de la Frontera et Sanlúcar de Barrameda en Espagne, mais aussi Челопеч/Čelopeč et Челопечене/Čelopečene en Bulgarie, et enfin le casque de Alexandru Ioan Cuza en Roumanie. La pratique de déposer des armes en milieu humide est bien connue en Europe continentale depuis l’âge du Bronze (Testart, 2012Testart, A., éd. (2012). Les armes dans les eaux: questions d’interprétation. Paris: éditions Errance. ; Wirth, 2007Wirth, S. (2007). “Tombé dans l’eau ? Les découvertes de casques en milieu humide”. In: Barral, P., Daubigney, A., Dunning, C., Kaenel, G. et Roulière-Lambert, M. J. (éds.), L’âge du Fer dans l’arc jurassien et ses marges. Dépôts, lieux sacrés et territorialité à l’âge du Fer. Actes du xxixe colloque international de l’AFEAF; Bienne, 5-8 mai 2005. Bienne: presse universitaire de Franche-Comté, vol. 2, pp. 449-462.). Les motivations derrière ce geste nous échappent en partie, et les possibilités sont multiples (Testart, 2012Testart, A., éd. (2012). Les armes dans les eaux: questions d’interprétation. Paris: éditions Errance.). Plusieurs de ces casques portent des traces de dégradation qui pourraient être volontaires (Graells i Fabregat et Lorrio Alvarado, 2016Graells i Fabregat, R. (2016). “La influencia del mercenariado hispánico sobre el armamento de la Península Ibérica (s.VI-IV a.C.)”, R. Graells i Fabregat et D. Marzoli (éd.), Armas de la Hispania prerromana: actas del Encuentro Armamento y arqueología de la guerra en la península Ibérica prerromana (s. VI-I a. C.): problemas, objetivos y estrategias. RGZM Tagungen, 24. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 37-78., p. 146). Le casque de Huelva présente ainsi une importante cassure à l’arrière du crâne, et celui de Sanlúcar de Barrameda aurait été déformé au niveau des paragnathides (aujourd’hui redressées). Notons que le casque de Jerez de la Frontera possède un trou quadrangulaire dans la nuque (Olmos Romera, 1988Olmos Romera, R. (1988). “El casco griego de Huelva”. Clásicos de la arqueología de Huelva, 1, pp. 37-78., p. 65), fait de l’intérieur vers l’extérieur, et une cassure nette de son nasal alors que la calotte est intacte, ce qui suggère une dégradation volontaire (Graells i Fabregat, 2014Graells i Fabregat, R. (2014). Mistophoroi ex Iberias: una aproximación al mercenariado hispano a partir de las evidencias arqueológicas (s. VI-IV a.C.). Venosa: Osanna., p. 97). Il est possible que ce casque ait été exposé avant d’être déposé dans le fleuve. Si l’on considère que le casque peut être utilisé pour représenter la tête, il est possible que certains de ces dépôts soient liés à un rituel funéraire. En péninsule Ibérique, les sites concernés semblent également revêtir une importance rituelle voire religieuse. Le site de Huelva a ainsi livré un dépôt d’objets métalliques de l’âge du Bronze final dans le fleuve Odiel (Gómez-Moreno, 1923Gómez-Moreno, M. (1923). “Hallazgo arqueológico en el puerto de Huelva”. Boletín de la Real Academia de la Historia, 83, pp. 89-91.), et des traces de pratiques cultuelles phéniciennes et grecques (Domínguez Monedero, 2006Domínguez Monedero, A. J. (2006). “Fenicios y griegos en el sur de la Península Ibérica en época arcaica. De Onoba a Mainake”. Mainake, XXVIII, pp. 49-78., p. 60). Le site de Sanlúcar de Barrameda est quant à lui proche du sanctuaire de la Algaida (Torelli et Rodriguez Oliva, 2018Torelli, M. et Rodriguez Oliva, P. (2018). La “Tumba del Guerrero” del Museo de Málaga. Discours d’admission en tant qu’académicien lu le 31 mai 2018. Málaga: Real Academia de Bellas Artes de San Telmo. [En ligne, consulté le 20 avril 2023]. URL: https://www.realacademiasantelmo.org/wp-content/uploads/2018/07/Torelli_Discurso.pdf., p. 44). La présence de lieux de cultes phéniciens ou grecs liés à la navigation en péninsule Ibérique est ainsi mentionnée dans les sources antiques (Romero Recio, 2008Romero Recio, M. (2008). “Rituales y prácticas de navegación de fenicios y griegos en la Península Ibérica durante la antigüedad”. Mainake, XXX, pp. 75-89.), et a pu mener à une forme de syncrétisme religieux, rendant l’identification des acteurs plus difficile encore.

D’autres casques proviennent de milieu humide, à savoir la mer, mais il ne s’agit pas de dépôts volontaires. Plusieurs casques proviennent ainsi d’épaves, comme celui de Crotone (prov. Crotona), de Gela (prov. Caltanissetta, Graells i Fabregat, 2014Graells i Fabregat, R. (2014). Mistophoroi ex Iberias: una aproximación al mercenariado hispano a partir de las evidencias arqueológicas (s. VI-IV a.C.). Venosa: Osanna., note 432), de Punta Braccetto (prov. Ragusa, Sicile, Graells i Fabregat, 2014Graells i Fabregat, R. (2014). Mistophoroi ex Iberias: una aproximación al mercenariado hispano a partir de las evidencias arqueológicas (s. VI-IV a.C.). Venosa: Osanna., note 432 ; Tisdale, 2021Tisdale, D. H. (2021). A catalog of armament from ancient mediterranean shipwrecks, 14th-1st centuries BCE. Thèse de master, Texas A&M University. [En ligne, consulté le 07 octobre 2025]. URL: https://oaktrust.library.tamu.edu/items/646c7fff-6ab0-4cfe-bf1f-d949db366929) ou encore celui de l’Isola del Giglio (prov. Grosseto, Bound, 1985Bound, M. (1985). “Una nave mercantile di eta arcaica all’ Isola del Giglio”. In: Cristofani, M., Moscati, P. et Nardi, G. (dirs.), Il commercio etrusco arcaico, atti dell’incontro di studio 5-7 dicembre 1983. Roma : Consiglio nazionale della Ricerche, pp. 65-70., pp. 65-67; 1995Bound, M. (1995). “Das Giglio-Wrack”. In: Deutsche Gesellschaft zur Förderung der Unterwasserarchäologie, In Poseidons Reich, archäologie unter wasser. Mainz: P. Zabern, pp. 63-68., pp. 63-67), et sont liés au naufrage desdites épaves. Bien que leur dépôt soit involontaire, ils sont les témoins des mouvements des casques et de leurs porteurs. Le dernier cas est le casque découvert au large de la Turquie (Radan, 1961Radan, G. (1961). “A Greek Helmet Discovered off the Coast of Turkey”. Israel Exploration Journal, 11-4, pp. 176-180.), près de Mersin (prov. Mersin), malheureusement l’absence de données de contexte nous empêche de définir s’il s’agit d’un dépôt ou s’il est lié à une épave.

2.3. Le contexte funéraire

Le contexte funéraire est, à l’exception de la Grèce, le plus fréquemment observé (Figs. 3, 5 et 6), et concerne le casque de Málaga, la grande majorité des casques italiques, les casques des Balkans, et les casques de Ромейково/Romejkovo, Solokha et celui de la Volna. Si l’on compare la datation des tombes et celle des casques, la plupart d’entre eux semblent n’avoir été utilisés que par une seule personne. Le casque semble ainsi intrinsèquement lié à son porteur, peut-être même le représente-t-il. En s’intéressant au domaine funéraire, il est essentiel de prendre en compte que ce dernier est influencé non seulement par l’organisation sociale et politique, mais aussi par l’idéologie et la religion (Brun, 2004Brun, P. (2004). “Réflexion sur la polysémie des pratiques funéraires protohistoriques en Europe”. In: Baray, L. (dir.), Archéologie des pratiques funéraires. Approches critiques. Acte de la table ronde des 7 et 9 juin 2001, Glux-en Glenne. Glux-en-Glenne: Bibracte, Centre archéologique européen, pp. 55-64., p. 57). La mise en scène autour du défunt est ainsi le résultat de plusieurs facteurs combinés, la vision que veut renvoyer le défunt de lui-même, la vision qu’ont les autres membres de la communauté du défunt, mais aussi leur vision du monde et leur idéologie.

Que le casque soit utilisé au combat ou non, il marque un certain statut du défunt, celui de guerrier, ou d’un membre de l’élite ou même les deux à la fois (il peut également montrer les liens entretenus entre le défunt et des Grecs). La présence du casque dans la tombe devient ainsi un symbole de ce statut, et par extension du défunt. Il peut également être porteur d’une signification symbolique.

Parmi les sites mentionnés, celui de Málaga fait figure d’exception. En effet, le casque ne provient pas de la tombe même, mais de la tranchée de fondation de cette dernière, accompagné d’un thymiaterion. Il est possible qu’il ait été utilisé pour un rituel funéraire (García González et al., 2013García González, D., Lopez Chamizo, S., Cumpian Rodríguez, A. et Sánchez Bandera, P. J. (2013). “La tumba del guerrero. Un hallazgo de época protohistórica en Málaga”. Mainake, XXXIV, pp. 277-292., p. 285), ou bien exposé au-dessus de la tombe pendant un certain temps avant d’être enseveli (Torelli et Rodriguez Oliva, 2018Torelli, M. et Rodriguez Oliva, P. (2018). La “Tumba del Guerrero” del Museo de Málaga. Discours d’admission en tant qu’académicien lu le 31 mai 2018. Málaga: Real Academia de Bellas Artes de San Telmo. [En ligne, consulté le 20 avril 2023]. URL: https://www.realacademiasantelmo.org/wp-content/uploads/2018/07/Torelli_Discurso.pdf., p. 14).

Les autres casques proviennent de l’intérieur des sépultures. Notons la présence dans certaines tombes italiques de paires de casques pratiquement identiques (Fig. 7). C’est le cas des deux casques corinthiens de “la tombe du Duc” de Belmonte Piceno, de ceux de la tombe 35 de Baragiano, de la tombe 107 de Braida di Vaglio, et de deux des casques de la tombe 103 de Ruvo di Puglia. Une telle ressemblance est obligatoirement volontaire. Il est possible que le dépôt de ces casques ait alors une signification religieuse, peut-être liée à des dieux jumeaux. Cette hypothèse est parfois retenue pour certains casques déposés par paires dans des fleuves (Wirth, 2007Wirth, S. (2007). “Tombé dans l’eau ? Les découvertes de casques en milieu humide”. In: Barral, P., Daubigney, A., Dunning, C., Kaenel, G. et Roulière-Lambert, M. J. (éds.), L’âge du Fer dans l’arc jurassien et ses marges. Dépôts, lieux sacrés et territorialité à l’âge du Fer. Actes du xxixe colloque international de l’AFEAF; Bienne, 5-8 mai 2005. Bienne: presse universitaire de Franche-Comté, vol. 2, pp. 449-462., p. 456).

De plus, ces sépultures élitaires possèdent parfois du mobilier lié à la cavalerie pour plusieurs chevaux. Si nous en avons exposé l’aspect pratique, nous pouvons aussi penser au motif du “maître des chevaux”, ou despotes ton hippon, figure d’un homme, armé ou non, en position centrale et entouré de deux chevaux (Ismaelli, 2008Ismaelli, T. (2008). “Hippodamoi Piceni. Alcune osservazioni sulle anse bronzee con despotes ton hippon dal Piceno”. In: Tagliamonte, G. (dir.), Ricerche di archeologia medio-adriatica, I- Le necropoli: contesti e materiali, atti dell’Incontro di studio Cavallino-Lecce, 27-28 maggio 2005. Galatina: Congedo Editore, pp. 43-64.; Weidig, 2021Weidig, J. (2021). “The heroic Virtue of the Warrior. The tomb of the duce and the tomb of the ivory box of Belmonte Piceno (prov. Fermo/I)”. In: Bardelli, G. et Graells i Fabregat, R. (éds.), Ancient weapons, new research perspectives on weapons and warfare in the first millenium BC. RGZM Tagungen, 44. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 71-90., pp. 77-79). Ce motif est présent notamment chez les Picènes et les Étrusques, mais il est également connu en Grèce. Avec l’augmentation des contacts avec les Grecs cette figure a évolué, et certains exemplaires présentent des caractéristiques grecques tout en conservant une partie des codes italiques (Ismaelli, 2008Ismaelli, T. (2008). “Hippodamoi Piceni. Alcune osservazioni sulle anse bronzee con despotes ton hippon dal Piceno”. In: Tagliamonte, G. (dir.), Ricerche di archeologia medio-adriatica, I- Le necropoli: contesti e materiali, atti dell’Incontro di studio Cavallino-Lecce, 27-28 maggio 2005. Galatina: Congedo Editore, pp. 43-64., pp. 57-58). C’est le cas de deux anses identiques présentes dans “la Tombe du Duc” de Belmonte Piceno, sur lesquelles le “maître” porte un casque corinthien. Si de nombreux noms ont été évoqués sur l’identité de ce personnage, il est probable qu’il s’agisse d’une figure mythique locale (divinités ou héros), sur laquelle est transposée une figure grecque (Ismaelli, 2008Ismaelli, T. (2008). “Hippodamoi Piceni. Alcune osservazioni sulle anse bronzee con despotes ton hippon dal Piceno”. In: Tagliamonte, G. (dir.), Ricerche di archeologia medio-adriatica, I- Le necropoli: contesti e materiali, atti dell’Incontro di studio Cavallino-Lecce, 27-28 maggio 2005. Galatina: Congedo Editore, pp. 43-64., p. 63). Cet exemple de syncrétisme religieux montre que l’intégration volontaire d’un objet, d’une pratique ou d’une croyance ne peut se faire que si l’élément intégré correspond déjà à une réalité préexistante. Les modifications et adaptations qui s’ensuivent mènent alors à une forme hybride de l’objet ou de la croyance en question. L’association du casque corinthien à un symbole de vertus guerrières et élitaires a donc pu se faire car l’importance de la figure du guerrier existe depuis la fin de l’âge du Bronze (Olivier, 2011Olivier, L. (2011). “Images de l’aristocratie guerrière dans les pratiques funéraires de la fin du Bronze final au Premier Âge du Fer dans l’Europe Nord-alpine”. In: Baray, L., Honegger, M. et Dias-Meirinho, M. H. (dirs.), L’armement et l’image du guerrier dans les sociétés anciennes: de l’objet à la tombe, Actes de la Table ronde internationale et interdisciplinaire, Sens, CEREP, 4-5 juin 2009. Dijon: éditions universitaires de Dijon, pp. 289-314., p. 289). Dans le nord de l’Italie par exemple, la présence de casque dans les tombes (Frère et Hugo, 2007Frère, D. et Hugo, L. (2007). “Images et imaginaires des armes en Étrurie archaïque: du rituel au combat. La mise en scène des armes dans la peinture des VIIème et VIème s. av. J.C.”. In: Sauzeau, P. et Van Compernolle, T. (dirs.), Les armes dans l’Antiquité, de la technique à l’imaginaire, acte du colloque international du SEMA, 20 et 23 mars 2003, Montpellier. Montpellier: CERCAM-Université Paul-Valéry, Montpellier III: Presses universitaires de la Méditerranée, pp. 121-143., pp. 122-123) est déjà très fréquente dans la culture de Villanova, et les représentations valorisantes de guerriers sont nombreuses dès le VIIème s. av. J.-C. dans l’art étrusque. La tradition iconographique italique accorde ainsi une place importante à la figure du guerrier, dans laquelle les armes défensives grecques ou les héros grecs, comme Héraclès, se fondent très bien. Le casque corinthien est donc ici à la fois une arme, un symbole de prestige, et porteur d’une symbolique mythique et/ou religieuse.

Mapa que muestra la ubicación en Italia de tumbas con varios cascos para un solo difunto, indicando diferentes situaciones de cascos con símbolos y una pequeña inserción geográfica.

Descripción generada con IA

Figure 7. Tombes présentant plusieurs casques, dont un corinthien, pour un seul défunt en Italie.
Liste des sites : 1. Belmonte Piceno 2. Baragiano 3. Braida di Vaglio 4. Ruvo di Puglia 5. Ginosa.

3. CONCLUSION

Ainsi, la diffusion du casque corinthien résulte de plusieurs phénomènes. Nous avons d’une part les déplacements des Grecs et les déplacements militaires, et d’autre part les relations politiques et diplomatiques, avec un fort rôle des élites. Cette diffusion à double facteur est loin d’être un cas isolé. Un autre type de casque grec a connu une très large diffusion dans toute la Méditerranée, à savoir le casque chalcidien (Pflug, 1988cPflug, H. (1988c). “Chalcidische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 137-150.; Fig. 8).

Mapa de Europa y el Mediterráneo que muestra sitios arqueológicos donde se han encontrado cascos chalcedianos con áreas de influencia griega destacadas en rojo.

Descripción generada con IA

Figure 8. Carte de diffusion des casques chalcidiens et hispano-chalcidiens, à partir des listes de Pflug, 1988c ; Lažar, 2009 et Graells i Fabregat, Lorrio Alvarado et Quesada, 2014, modifiées et complétées par S. Alloin.

Les casques chalcidiens (milieu du VIème s. av. J.-C. - IVème s. av. J.-C.) sont présents en Italie, mais la région où ils se sont le plus massivement diffusés est sur les rives de la mer Noire (Borangic et Guțică-Florescu, 2020Borangic, C. et Guțică-Florescu, L. (2020). “Coiful de tip chalcidic de la Balş, Judeţul olt”. Istros, XXVI, pp. 259-292., p. 269), au point que la deuxième étape de ces casques est appelée “groupe thrace” par Pflug (Pflug, 1988cPflug, H. (1988c). “Chalcidische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 137-150.). Ils sont ainsi nombreux à avoir été trouvés dans des sépultures, ou dans le Danube (Lazăr, 2009Lazăr, S. (2009). “Helmets of the chalcidian shape found in the lower Danube area”. Dacia, LIII, pp. 13-26.). Dans le premier cas, les casques semblent être associés à l’élite ou du moins à des guerriers “notables” (Borangic et Guțică-Florescu, 2020Borangic, C. et Guțică-Florescu, L. (2020). “Coiful de tip chalcidic de la Balş, Judeţul olt”. Istros, XXVI, pp. 259-292., p. 269; Rustoiu et Berecki, 2012Rustoiu, A. et Berecki, S. (2012). “‘Thracian’ Warriors in Transylvania at the Beginning of the Late Iron Age. The Grave with Chalcidian Helmet from Ocna Sibiului”. In: Berecki, S. (dir.), Iron Age rites and rituals in the Carpathian Basin, actes du colloque international de Târgu Mureș, 7-9 octobre 2011. Târgu Mureș: editura Mega, pp. 161-182.). Notons également la présence d’une adaptation locale des casques chalcidiens en Espagne, les casques hispano-chalcidiens (Milieu IVème s. av. J.-C. - IIème s. av. J.-C.; Graells i Fabregat et al., 2014Graells i Fabregat, R., Lorrio Alvarado, A. J. et Quesada, F. (2014). Cascos hispano-calcídicos: Símbolo de las elites guerreras celtibéricas. RGZM Kataloge, 46. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum. ; 2015Graells i Fabregat, R., Lorrio Alvararo, A. J. et Pérez-Blasco, M. F. (2015). “A new fragment of a hispano-chalcidian helmet from Castillejo (prov. Soria) in the RGZM”. Archäologisches Korrespondenzblatt, 45, pp. 91-104.), qui sont apparentés aux casques chalcidiens italiques (Graells i Fabregat et al., 2014Graells i Fabregat, R., Lorrio Alvarado, A. J. et Quesada, F. (2014). Cascos hispano-calcídicos: Símbolo de las elites guerreras celtibéricas. RGZM Kataloge, 46. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum., pp. 84-92).

Il est également intéressant d’évoquer les casques illyriens (fin du VIIIème s. av. J.-C. - IIIème s. av. J.-C.; Blečic, 2007Blečic, M. (2007). “Status, symbols, sacrifices, offerings. The diverse meanings of Illyrian helmets”. Vjesnik Arheološkog muzeja Zagreb, 3 s. XL, pp. 73-116. ; Pflug, 1988aPflug, H. (1988a). “Illyrische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 42-64. ; Vasić, 2010Vasić, R. (2010). “Reflecting on Illyrians helmets”. CTAPИHAP, LX, pp. 37-55. DOI: https://doi.org/10.2298/sta1060037v.; Fig. 9). Leur aire de diffusion est moins étendue, et très concentrée dans les Balkans et en Macédoine. Lors de leur troisième phase de développement (Potrebica, 2008Potrebica, H. (2008). “Contacts between Greece and Pannonia in the Early Iron Age with Special Concern to the Area of Thessalonica”. In: Biehl, P. F. et Rassamakin, Y. (dirs.), Import and imitation in archaeology. Langenweissbach: Baier & Beran, pp. 187-212., p. 194; Vasić, 2010Vasić, R. (2010). “Reflecting on Illyrians helmets”. CTAPИHAP, LX, pp. 37-55. DOI: https://doi.org/10.2298/sta1060037v., p. 41), ces casques sont même plus nombreux dans les régions mentionnées qu’en Grèce. Ils sont notamment très présents en contexte funéraire, et souvent dans des sépultures élitaires, comme à Trebenište ou à Sindos (Pflug, 1989Pflug, H. (1989). Schutz und Zier: Helme aus dem Antikenmuseum Berlin und Waffen anderer Sammlungen. Basel: Antikenmuseum Basel und Sammlung Ludwig., p. 19). Notons que les casques corinthiens et illyriens, présents tous les deux dans la même région (les Balkans), ne sont pas traités différemment. Ils sont ainsi découverts dans des contextes similaires, et présentent tous deux des traces de dorures. Cependant, la présence du casque corinthien dans les Balkans est sporadique, témoin de relations avec les Grecs à l’échelle d’un individu ou d’un petit groupe, alors que le casque illyrien est complètement intégré dans la culture matérielle locale, et adapté.

Mapa de Europa y el Mediterráneo que muestra sitios con cascos ilirios y áreas con presencia importante de estos cascos destacadas en rojo.

Descripción generada con IA

Figure 9. Carte de diffusion des casques illyriens, à partir des listes de Pflug, 1988a ; Teržan dans Vasić, 2010 et Blečić, 2007, modifiées et complétées par S. Alloin.

Chacun de ces trois types de casques a donc été diffusé, mais aussi intégré dans les modèles élitaires locaux, et modifiés pour correspondre à ces modèles. Bien plus que la simple adoption d’un objet ou d’une copie, il s’agit ici d’une adaptation, changeant ainsi la valeur de l’objet en question.

Armes défensives ou symboles de prestige, les casques conservent toujours une part de symbolisme, qui nous permet d’appréhender les pratiques rituelles de l’époque. L’étude de la diffusion des casques corinthiens, et, plus largement, des armes grecques, peut ainsi prendre place dans des études plus larges, celles des échanges interculturels en Méditerranée, grâce aux différentes significations que ces objets portent selon les communautés. Ces dernières décennies ont vu de nombreux travaux redéfinir la “colonisation” grecque (Dietler, 2005Dietler, M. (2005). “The archaeology of colonization and the colonization of archaeology: theoretical challenges from an ancient Mediterranean colonial encounter”. In: Stein, G. (éd.), The Archaeology of Colonial Encounters: Comparative Perspectives. Santa Fe: School of American Research press, pp. 33-68. ; Sommer, 2011Sommer, M. (2011). “Colonies - Colonisation - Colonialism: A Typological Reappraisal”. Ancient West & East, 10, pp. 183193.) et “l’hellénisation” des sociétés méditerranéennes (Esposito et Pollini, 2015Esposito, A. et Pollini, A. (2015). “Penser les métissages en Grande Grèce et en Sicile”. In: Molin, M., Capanema, S., Deluermoz, Q. et Redon, M. (éds.), Du transfert culturel au métissage : Concepts, acteurs, pratiques. Rennes : Presses universitaires de Rennes, pp. 4971. [En ligne, consulté le 08 octobre 2025] URL: https://books.openedition.org/pur/89362#anchor-footnotes. ; Dana, 2012Dana, M. (2012). “Le « centre » et la « périphérie » en question : deux concepts à revoir pour les diasporas”. Pallas. Revue d’études antiques, 89, pp. 57-76. DOI : https://doi.org/10.4000/pallas.736. ; 2018Dana, M. (2018). “Grecs et populations locales autour de la mer Noire, du VIIIe siècle au IIIe siècle av. J.-C.”. Cadernos do Lepaarq, XV, 29, pp. 359-379. DOI: https://doi.org/10.15210/lepaarq.v15i29.11493.). De nouveaux termes et de nouveaux modèles font leur apparition (Dana, 2012Dana, M. (2012). “Le « centre » et la « périphérie » en question : deux concepts à revoir pour les diasporas”. Pallas. Revue d’études antiques, 89, pp. 57-76. DOI : https://doi.org/10.4000/pallas.736. ; Malkin et al., 2009Malkin, I., Constantakopoulou, C. et Panagopoulou, K. (2009). Greek and Roman Networks in the Mediterranean. Abingdon: Routledge. ; Sommer, 2011Sommer, M. (2011). “Colonies - Colonisation - Colonialism: A Typological Reappraisal”. Ancient West & East, 10, pp. 183193. ; Ulf, 2014Ulf, C. (2014). “Rethinking Cultural Contacts”, R. Rollinger et K. Schnegg (dir.), Kulturkontakte in antiken Welten: vom Denkmodell zum Fallbeispiel : proceedings des Internationalen Kolloquiums aus Anlass des 60. Geburtstages von Christoph Ulf, Innsbruck, 26. bis 30. Januar 2009. Colloquia Antica, 10. Leuven: Peeters, pp. 507-564.), mettant l’accent sur la réciprocité des échanges et le métissage culturel qui s’ensuit. Les concepts de “méditerranéisation”, théorisé par I. Morris, et de “middle ground”, proposé par I. Malkin, permettent de nouvelles approches, et questionne sur la nécessité de moderniser le modèle du centre et des périphéries (Dana, 2012), qui peut induire une hiérarchie, pour préférer un modèle mettant l’accent sur le polycentrisme. Nous espérons avoir démontré que la diffusion du casque corinthien, plus qu’un témoin des pratiques militaires, est aussi un exemple de la complexité des échanges parmi la mise en place de réseaux plus vastes, qui s’étendent bien au-delà de la Méditerranée (Brun, 1994Brun, P. (1994). “From Hallstatt to La Tène period in the perspective of ‘Mediterranean world economy’”. In: Kristiansen, K. et Jensen, J. (éds.), Europe in the first Millenium B.C. Sheffield Archaeological Monographs, 6. Sheffield: Collis, pp. 57-65. ; 1999Brun, P. (1999). “La genèse de l’État: les apports de l’archéologie”. In: Ruby, P. (dir.), Les princes de la Protohistoire et l’émergence de l’État. Actes de la table ronde internationale organisée par le Centre Jean Bérard et l’École française de Rome, Naples, 27-29 octobre 1994. Rome: École française de Rome, pp. 31-42. ; Sacchetti, 2021Sacchetti, F. (2021). “Le phénomène princier et les importations méditerranéennes entre approches théoriques et données archéologiques: essai de modélisation des contacts à longue distance dans l’intérieur européen”. In: Brun, P., Chaume, B. et Sachetti, F. (éds.), Vix et le phénomène princier, Actes du colloque de Châtillon, 2016. Pessac: Dan@ 5. [En ligne, consulté le 30 avril 2024]. URL: https://una-editions.fr/vix-et-le-phenomene-princier/.).

Informations supplémentaires

Sources de financement

Ne s’applique pas.

Matériel supplémentaire

Ne s’applique pas.

Disponibilité des données

Ne s’applique pas.

Remerciements

Je remercie Florence Verdin d’avoir dirigé mon mémoire, et Martin Schönfelder pour ses conseils.

Déclaration de contribution de l’auteur

Solène Alloin: conceptualisation, analyse formelle, recherche, méthodologie, rédaction ‒ version originelle.

Conflit d’intérêts

Les auteurs de cet article déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts financier, professionnel ou personnel susceptible d’avoir indûment influencé ce travail.

Déclaration d’utilisation de l’intelligence artificielle

Ne s’applique pas.

BIBLIOGRAPHIE

Adam, A-M. (1984). Bronzes étrusques et italiques. Paris: Bibliothèque nationale.

Adamesteanu, D. (1972). “Una tomba arcaica di Armento”. Atti e memorie della societa Magna Grecia, nuova serie XI-XII, pp. 83-92.

Adamesteanu, D. (1974). La Basilicata antica: storia e monumenti. Cava dei Terreni: Di Mauro.

Allegro, N. (2022). “ Le armi dall’Athenaion di Himera”. In: Scarci, A., Graells i Fabregat, R. et Longo, F. (dirs.), Armi votive in Sicilia: Atti del Convegno Internazionale di Studi Siracusa Palazzolo Acreide 12-13 Novembre 2021. Tagungen RGZM, 48. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 99-126.

Angelucci, A. (1890). Catalogo della Armeria Reale. Torino: Tipografia editrice G. Candeletti.

Babić, S. (1990). “Graeco-Barbarian Contacts in the Early Iron Age in the Central Balkans”. Balcanica - Annual of the Institute for Balkan Studies, XXI, pp. 165-183.

Baitinger, H. (2018). “La dedica di armi e armature nei santuari greci - una sintesi”. In: Graells i Fabregat, R. et Longo, F. (dirs.), Armi Votive in Magna Grecia. Tagungen RGZM, 36. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 1-20.

Benac, A. et Čović, B. (1956). Glasinac. Katalog prehistoriske zbirke, 1. Sarajevo: Zemaljski muzej u Sarajevu.

Bianco, S., Bottini, A., Pontrandolfo, A., Tagliente, A. R. et Setari, E. (1996). I Greci in Occidente: Greci, Enotri e Lucani nella Basilicata meridionale. Napoli: Electa Napoli.

Blečic, M. (2007). “Status, symbols, sacrifices, offerings. The diverse meanings of Illyrian helmets”. Vjesnik Arheološkog muzeja Zagreb, 3 s. XL, pp. 73-116.

Blinkenberg, C., Kinck, K. F., Dyggve, E. et Poulsen, V. (1931). Lindos: fouilles et recherches 1902-1914 : fouilles de l’Acropole. I, Les petits objets. Berlin: Walter de Gruyter.

Blyth, P. H. (1988). “La métallurgie des armes de bronzes”. In: Rolley, C., Boyer, R. et Mourey, W. (dirs.), Techniques antiques du bronze: faire un vase, faire un casque, faire une fibule. Publications du CRTGR, 12. Dijon: Université de Dijon, pp. 53-58.

Borangic, C. et Guțică-Florescu, L. (2020). “Coiful de tip chalcidic de la Balş, Judeţul olt”. Istros, XXVI, pp. 259-292.

Borangic, C. et Josanu, V. (2022). “A greek corinthian helmet accidentally discovered in Iaşi county, Romania”. Journal of Ancient History and Archaeology, 9-1, pp. 125-140. DOI: https://doi.org/10.14795/j.v9i1.742.

Bottini, A. (1988). “Apulisch-korinthische Helme (K38-43)”. In: Römisch-Germanisches Zentralmuseum, et Antikenmuseum (dirs.), Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum, pp. 107-136.

Bottini, A., éd. (1993). Armi: gli strumenti della guerra in Lucania [catalogo della mostra del Museo archeologico nazionale del Malfese, Melfi, 1993]. Le mostre, i cataloghi, 2. Bari: Edipuglia.

Bottini, A. (2013). “La panoplia oplitica della tomba 672 di Chiaromonte (PZ)”. Siris, 13, pp. 33-40.

Bottini, A. et Graells i Fabregat, R. (2019). “Armi et armamento nella mesogaia fra VI e IV secolo”, In: Cazanove, O., Capozzoli, V. et Duplouy, A. (éds.), La Lucanie entre deux mers, archéologie et patrimoine. Naples : Centre Jean Bérard, vol. 2, pp. 831-863.

Bottini, A. et Setari, E. (1994). “Basileis? I più Recenti Rinvenimenti a Braida di Serra di Vaglio. Risultati, Prospettive e Problemi”. Bollettino di Archeologia 16–18.

Bound, M. (1985). “Una nave mercantile di eta arcaica all’ Isola del Giglio”. In: Cristofani, M., Moscati, P. et Nardi, G. (dirs.), Il commercio etrusco arcaico, atti dell’incontro di studio 5-7 dicembre 1983. Roma : Consiglio nazionale della Ricerche, pp. 65-70.

Bound, M. (1995). “Das Giglio-Wrack”. In: Deutsche Gesellschaft zur Förderung der Unterwasserarchäologie, In Poseidons Reich, archäologie unter wasser. Mainz: P. Zabern, pp. 63-68.

Bourdin, S. (2012). Les peuples de l’Italie préromaine: identités, territoires et relations inter-ethniques en Italie centrale et septentrionale (VIIIe-1er s. av. J.-C.). Thèse de doctorat, Université Aix Marseille 1 / École française de Rome.

Bourdin, S. (2015). “Peuplement et ethnies en Italie centrale et septentrionale”. In: Marion, Y. et Tassaux, F. (dirs.), Adriatlas et l’histoire de l’espace adriatique du VIe s. a.C. au VIIe s. p. C. Actes du colloque international de Rome, 4-6 novembre 2013. Bordeaux: Ausonius éditions, pp. 113-129.

Brun, P. (1994). “From Hallstatt to La Tène period in the perspective of ‘Mediterranean world economy’”. In: Kristiansen, K. et Jensen, J. (éds.), Europe in the first Millenium B.C. Sheffield Archaeological Monographs, 6. Sheffield: Collis, pp. 57-65.

Brun, P. (1999). “La genèse de l’État: les apports de l’archéologie”. In: Ruby, P. (dir.), Les princes de la Protohistoire et l’émergence de l’État. Actes de la table ronde internationale organisée par le Centre Jean Bérard et l’École française de Rome, Naples, 27-29 octobre 1994. Rome: École française de Rome, pp. 31-42.

Brun, P. (2004). “Réflexion sur la polysémie des pratiques funéraires protohistoriques en Europe”. In: Baray, L. (dir.), Archéologie des pratiques funéraires. Approches critiques. Acte de la table ronde des 7 et 9 juin 2001, Glux-en Glenne. Glux-en-Glenne: Bibracte, Centre archéologique européen, pp. 55-64.

Chiaramonte Treré, C., Ercole, V. et Scotti, C. (2016). La Necropoli di Campovalano Tombe orientalizzanti e arcaiche. Oxford: BAR Publishing.

Cygielman, M. (2000). Vetulonia: Museo civico archeologico Isidoro Falchi: guida. Firenze: Cooperativa Archeologica.

D’Agostino, B. (1998). “Grecs et indigènes en Basilicate du VIIIème au IIIème s. av. J.-C.”. In: Soprintendenza archeologica della Basilicata et direction des musées de Strasbourg (éd.), Trésors d’Italie du Sud: Grecs et Indigènes en Basilicate [exposition] Ancienne Douane, Strasbourg, 18-06 [au] 15-11-98. Milano: Skira, pp. 24-68.

Dana, M. (2012). “Le « centre » et la « périphérie » en question : deux concepts à revoir pour les diasporas”. Pallas. Revue d’études antiques, 89, pp. 57-76. DOI : https://doi.org/10.4000/pallas.736.

Dana, M. (2018). “Grecs et populations locales autour de la mer Noire, du VIIIe siècle au IIIe siècle av. J.-C.”. Cadernos do Lepaarq, XV, 29, pp. 359-379. DOI: https://doi.org/10.15210/lepaarq.v15i29.11493.

De Juliis, E. M. (1992). “Gli Elmi”. In: Cassano, R. (dir.), Principi, imperatori, vescovi: duemila anni di storia a Canosa. Venezia: Marsilio, pp. 547-548.

Dell’Aglio, A. et Lippolis, E. (1992). Catalogo del Museo Nazionale Archeologico di Taranto / 2,1 Ginosa e Laterza: la documentazione archaeologica dal VII al III sec. A.C. ; scavi 1900-1980. Taranto: la Colomba.

Della Marmora, A. (1820). “Memoria sopra due armature di bronzo scoperte nel 1820 in un antico sepolcro dell’isola di S. Antioco attigua a quella di Sardegna”. Memorie dell’Accademia Reale delle Scienze di Torino 25, pp. 107-118.

Dietler, M. (2005). “The archaeology of colonization and the colonization of archaeology: theoretical challenges from an ancient Mediterranean colonial encounter”. In: Stein, G. (éd.), The Archaeology of Colonial Encounters: Comparative Perspectives. Santa Fe: School of American Research press, pp. 33-68.

Diodore de Sicile (1865). Bibliothèque historique. T. 11, trad. du grec par F. Hoeffer. [En ligne, consulté le 1er octobre 2025]. URL: https://remacle.org/bloodwolf/historiens/diodore/livre11a.htm.

Domínguez Monedero, A. J. (2006). “Fenicios y griegos en el sur de la Península Ibérica en época arcaica. De Onoba a Mainake”. Mainake, XXVIII, pp. 49-78.

Emanuele, P.D. (1982). Armour and Weapons from Pre-Lucanian Basilicata. Thèse de doctorat, University of Texas, Austin.

Esposito, A. et Pollini, A. (2015). “Penser les métissages en Grande Grèce et en Sicile”. In: Molin, M., Capanema, S., Deluermoz, Q. et Redon, M. (éds.), Du transfert culturel au métissage : Concepts, acteurs, pratiques. Rennes : Presses universitaires de Rennes, pp. 4971. [En ligne, consulté le 08 octobre 2025] URL: https://books.openedition.org/pur/89362#anchor-footnotes.

Filow, B.D. (1927). Die archaische Nekropole von Trebenischte am Ochrida-See. Berlin: Walter de Gruyter.

Frère, D. et Hugo, L. (2007). “Images et imaginaires des armes en Étrurie archaïque: du rituel au combat. La mise en scène des armes dans la peinture des VIIème et VIème s. av. J.C.”. In: Sauzeau, P. et Van Compernolle, T. (dirs.), Les armes dans l’Antiquité, de la technique à l’imaginaire, acte du colloque international du SEMA, 20 et 23 mars 2003, Montpellier. Montpellier: CERCAM-Université Paul-Valéry, Montpellier III: Presses universitaires de la Méditerranée, pp. 121-143.

Frielinghaus, H. (2007). “Die Helme von Delphi”. Bulletin de Correspondance Hellénique, 131, 1, pp. 139-185. DOI : https://doi.org/10.3406/bch.2007.7458.

Frielinghaus, H. (2011). Die Helme von Olympia: ein Beitrag zu Waffenweihungen in griechischen Heiligtümern. Berlin: Walter de Gruyter.

Funduklej, I. (1848). Obozrenie mogil, valov I gorodishch Kievskoj gubernii, izdannoe po vysochajshiemu soizvoleniyu Kievskim grazhdanskim gubernatorom. Kiev: Въ ТипограФІи ѲеоФИла Гликсберга.

Furtwängler, A. (1890). Olympia: Die Ergebnisse der von dem deutschen Reich veranstalteten Ausgrabung IV - Die Bronzen und die übrigen kleineren Funde von Olympia. Berlin: A. Asher.

García González, D., Lopez Chamizo, S., Cumpian Rodríguez, A. et Sánchez Bandera, P. J. (2013). “La tumba del guerrero. Un hallazgo de época protohistórica en Málaga”. Mainake, XXXIV, pp. 277-292.

Gavranovic, M., Vercik, M. et Heilmann, D., dirs. (2020). Spheres of Interaction Contacts and Relationships between the Balkans and Adjacent Regions in the Late Bronze / Iron Age (13th–5th Centuries BCE), Perspectives on Balkan Archaeology, proceedings of the conference held at the Institute of Archaeology, Belgrade 15-17 September, 2017. Rahden: Verlag Marie Leidorf GmbH.

Gómez-Moreno, M. (1923). “Hallazgo arqueológico en el puerto de Huelva”. Boletín de la Real Academia de la Historia, 83, pp. 89-91.

Graells i Fabregat, R. (2014). Mistophoroi ex Iberias: una aproximación al mercenariado hispano a partir de las evidencias arqueológicas (s. VI-IV a.C.). Venosa: Osanna.

Graells i Fabregat, R. (2016). “La influencia del mercenariado hispánico sobre el armamento de la Península Ibérica (s.VI-IV a.C.)”, R. Graells i Fabregat et D. Marzoli (éd.), Armas de la Hispania prerromana: actas del Encuentro Armamento y arqueología de la guerra en la península Ibérica prerromana (s. VI-I a. C.): problemas, objetivos y estrategias. RGZM Tagungen, 24. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 37-78.

Graells i Fabregat, R. (2019). “Sieger für die Ewigkeit. Das einzige erhaltene italische Tropaion im Visier der Forschung (4. Jarhundert v. Chr.)”. In: Baitinger, H. et Schönfelder, M. (dirs.), Hallstatt und Italien: Festschrift für Markus Egg. Monographien des RGZM, 154. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum, pp. 523-537.

Graells i Fabregat, R. (2021). “Weapons of Olympia: some observations”. Thiasos 10.2, pp. 15-22.

Graells i Fabregat, R. et Lorrio Alvarado, A. J. (2016). “Helmets in the waters of the Iberian Peninsula: ritual practices and data for discussion”. In: Egg, M., Naso, A. et Rollinger, R. (dirs.), Waffen für die Götter: Waffenweihungen in Archäologie und Geschichte: Akten der internationalen Tagung am Institut für Archäologien der Leopold-Franzens-Universität, Innsbruck, 6. - 8. März 2013. RGZM Tagungen, 28. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 143-152.

Graells i Fabregat, R., Lorrio Alvararo, A. J. et Pérez-Blasco, M. F. (2015). “A new fragment of a hispano-chalcidian helmet from Castillejo (prov. Soria) in the RGZM”. Archäologisches Korrespondenzblatt, 45, pp. 91-104.

Graells i Fabregat, R., Lorrio Alvarado, A. J. et Quesada, F. (2014). Cascos hispano-calcídicos: Símbolo de las elites guerreras celtibéricas. RGZM Kataloge, 46. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum.

Gras, M. (1995). La Méditerranée archaïque. Paris: Armand Colin.

Grassi, G. (1820). “Ricerche storiche intorno alle armature scoperte nell’isola di Sardegna”. Memorie dell’Accademia Reale delle Scienze di Torino 25, pp. 119-156.

Ismaelli, T. (2008). “Hippodamoi Piceni. Alcune osservazioni sulle anse bronzee con despotes ton hippon dal Piceno”. In: Tagliamonte, G. (dir.), Ricerche di archeologia medio-adriatica, I- Le necropoli: contesti e materiali, atti dell’Incontro di studio Cavallino-Lecce, 27-28 maggio 2005. Galatina: Congedo Editore, pp. 43-64.

Jiménez Ávila, J. (2002). La toréutica orientalizante en la Península Ibérica. Madrid: Real Academia de la Historia.

Kukahn, E. (1936). Der griechische Helm. Marburg-Lahn: H. Bauer.

Kunze, E. (1961). “Korinthische Helme”. Bericht über die Ausgrabungen in Olympia, VII, pp. 56-128.

Lazăr, S. (2009). “Helmets of the chalcidian shape found in the lower Danube area”. Dacia, LIII, pp. 13-26.

Lo Porto, F.G. (1973). Civiltà indigena e penetrazione greca nella Lucania orientale. Roma: Accademia nazionale dei Lincei.

Lubtchansky, N. (2005). Le cavalier tyrrhénien. Représentations équestres dans l’Italie archaïque. Roma: École française de Rome.

Luynes, D. de (1836). “Le casque de Vulci”. Nouvelles annales publiées par la Section Française de l’Institut Archéologique, I, pp. 51-74.

Maier, F. G. et von Wartburg, M. L. (2009). “Reconstruction of a siege: the Persians at Paphos”. In: T. Kiely (éd.), Ancient Cyprus in the British Museum. London: The British Museum, pp. 7-20.

Malkin, I., Constantakopoulou, C. et Panagopoulou, K. (2009). Greek and Roman Networks in the Mediterranean. Abingdon: Routledge.

Martín Ruiz, J. A. et García Carretero, J. R. (2018). “Greek Armament from the South of the Iberian Peninsula during the 1st Millennium BC”. Athens Journal of History, 4-4, pp. 279-294. DOI : https://doi.org/10.30958/ajhis.4-4-2

Mauss, M. (1923-1924). “Essai sur le don, forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques”. L’année Sociologique, seconde série.

Michelucci, M. (1981). “Vetulonia”. In: Cristofani, M. (éd.), Gli Etruschi in Maremma, popolamento e attività produttive. Milano: Silvana, pp. 137-151.

Milletti, M., Camilli, A. et Biagi, F. (2020). “La Tomba dei Flabelli e l’Orientalizzante a Populonia”. Annali della Fondazione per il Museo Faina, XXVII, pp. 253-302.

Ministère de la Culture et du Tourisme de Grèce, éd. (1995). Les Macédoniens: les Grecs du nord et l’époque d’Alexandre le Grand : Musée d’archéologie méditerranéenne, Centre de la Vieille Charité, Marseille 20 juillet - 12 novembre 1995. Athènes: Ministère de la Culture, ICOM comité national hellénique.

Minto, A. (1955). “L’antica industria mineraria in Etruria ed il porto di Populonia”. Studi Etruschi, XXIII, pp. 291-319.

Montanaro, A. C. (1999). “Una tomba principesca di Ruvo”. Taras, XIX, pp. 217-252.

Montanaro, A. C. (2007). Ruvo di Puglia e il suo territorio. Le necropoli. Roma: L’Erma di Bretschneider.

Montanaro, A. C. (2019). “Capi guerrieri ed eroi dalla Puglia centrale. Il complesso della tomba 24/1976 di contrada Purgatorio a Rutigliano (Bari)”. In: Cipriani, M., Greco, E., Pontrandolfo, A. et Scafuro, M. (éds.), Dialoghi sull’Archeologia della Magna Grecia e del Mediterraneo. Atti del III Convegno di Studi, 16-18 novembre 2018, Paestum. Paestum: Pandemos, pp. 613-630.

Olivier, L. (2011). “Images de l’aristocratie guerrière dans les pratiques funéraires de la fin du Bronze final au Premier Âge du Fer dans l’Europe Nord-alpine”. In: Baray, L., Honegger, M. et Dias-Meirinho, M. H. (dirs.), L’armement et l’image du guerrier dans les sociétés anciennes: de l’objet à la tombe, Actes de la Table ronde internationale et interdisciplinaire, Sens, CEREP, 4-5 juin 2009. Dijon: éditions universitaires de Dijon, pp. 289-314.

Olmos Romera, R. (1988). “El casco griego de Huelva”. Clásicos de la arqueología de Huelva, 1, pp. 37-78.

Pflug, H. (1988a). “Illyrische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 42-64.

Pflug, H. (1988b). “Korinthische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 65-106.

Pflug, H. (1988c). “Chalcidische Helme”. In: Antike Helme: Sammlung Lipperheide und andere Bestände des Antikenmuseums Berlin. Monographien des RGZM, 14. Mainz: Römisch-Germanisches Zentralmuseum et Antikenmuseum, pp. 137-150.

Pflug, H. (1989). Schutz und Zier: Helme aus dem Antikenmuseum Berlin und Waffen anderer Sammlungen. Basel: Antikenmuseum Basel und Sammlung Ludwig.

Polovtsoff, S. (1914). “Une Tombe De Roi Scythe (tumulus De Solokha, Russie Méridionale)”. Revue Archéologique, 23, pp. 164-190.

Popović, Lj. B., Mano-Zisi, Đ., Veličkovič, D. M. et Jelečić, B. (1969). Antička bronza u jugoslaviji. Beograd: Narodni muzej.

Potrebica, H. (2008). “Contacts between Greece and Pannonia in the Early Iron Age with Special Concern to the Area of Thessalonica”. In: Biehl, P. F. et Rassamakin, Y. (dirs.), Import and imitation in archaeology. Langenweissbach: Baier & Beran, pp. 187-212.

Potrebica, H. (2019). “Kaptolska skupina i Požeška kotlina”. Arheološki vestnik, 70, pp. 487-515.

Radan, G. (1961). “A Greek Helmet Discovered off the Coast of Turkey”. Israel Exploration Journal, 11-4, pp. 176-180.

Romero Recio, M. (2008). “Rituales y prácticas de navegación de fenicios y griegos en la Península Ibérica durante la antigüedad”. Mainake, XXX, pp. 75-89.

Russo, A. et Giuseppe, H., éd. (2008). Felicitas temporum: dalla terra alle genti: la Basilicata settentrionale tra archeologia e storia. Potenza: Soprintendenza per i Beni Archeologici della Basilicata.

Rustoiu, A. et Berecki, S. (2012). “‘Thracian’ Warriors in Transylvania at the Beginning of the Late Iron Age. The Grave with Chalcidian Helmet from Ocna Sibiului”. In: Berecki, S. (dir.), Iron Age rites and rituals in the Carpathian Basin, actes du colloque international de Târgu Mureș, 7-9 octobre 2011. Târgu Mureș: editura Mega, pp. 161-182.

Sacchetti, F. (2021). “Le phénomène princier et les importations méditerranéennes entre approches théoriques et données archéologiques: essai de modélisation des contacts à longue distance dans l’intérieur européen”. In: Brun, P., Chaume, B. et Sachetti, F. (éds.), Vix et le phénomène princier, Actes du colloque de Châtillon, 2016. Pessac: Dan@ 5. [En ligne, consulté le 30 avril 2024]. URL: https://una-editions.fr/vix-et-le-phenomene-princier/.

Snodgrass, A. M. (1967). Arms and armour of the Greeks. London: Thames & Hudson.

Sommer, M. (2011). “Colonies - Colonisation - Colonialism: A Typological Reappraisal”. Ancient West & East, 10, pp. 183193.

Soprintendenza archeologica della Basilicata et direction des musées de Strasbourg (1998). Trésors d’Italie du Sud: Grecs et Indigènes en Basilicate [exposition] Ancienne Douane, Strasbourg, 18-06 [au] 15-11-98. Milano: Skira.

Spatafora, F. (2010). “1. Per un’ « archeologia degli incontri »: Sicani ed Elimi nella Sicilia greca”. In: Tréziny, H. (éd.), Grecs et indigènes de la Catalogne à la mer Noire, Actes des rencontres du programme européen Ramses2 (2006-2008). Aix-en-Provence: centre Camille Jullian, pp- 2539.

Spatafora, F. (2011). “Armi e guerrieri nella Sicilia indigena: segni di guerra in luoghi di pace, in Miti di guerra, riti di pace”. In: Masseria, C. et Loscalzo, D. (dirs.), Miti di guerra, riti di pace: la guerra e la pace, un confronto interdisciplinare, Atti del Convegno (Torgiano 4 maggio 2009, Perugia, 5-6 maggio 2009). Bari: Edipuglia, pp. 181-190.

Spatafora, F. (2022). “ Le armi dall’area sacra della Montagnola di Marineo”. In: Scarci, A., Graells i Fabregat, R. et Longo, F. (dirs.), Armi votive in Sicilia: Atti del Convegno Internazionale di Studi Siracusa Palazzolo Acreide 12-13 Novembre 2021. RGZM Tagungen, 48. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 127-138.

Stibbe, C.M. (2002). Trebenishte: the fortunes of an unusual excavation. Studia archaeologica 121. Roma: l’Erma di Bretschneider.

Tagliamonte, G. (2003). “Note sulla circolazione degli elmi nell’Abruzzo e nel Molise preromani”. Mélanges de l’École française de Rome. Antiquité, 115, pp. 129-175. DOI : https://doi.org/10.3406/mefr.2003.10729.

Testart, A., éd. (2012). Les armes dans les eaux: questions d’interprétation. Paris: éditions Errance.

Tisdale, D. H. (2021). A catalog of armament from ancient mediterranean shipwrecks, 14th-1st centuries BCE. Thèse de master, Texas A&M University. [En ligne, consulté le 07 octobre 2025]. URL: https://oaktrust.library.tamu.edu/items/646c7fff-6ab0-4cfe-bf1f-d949db366929

Torelli, M. et Rodriguez Oliva, P. (2018). La “Tumba del Guerrero” del Museo de Málaga. Discours d’admission en tant qu’académicien lu le 31 mai 2018. Málaga: Real Academia de Bellas Artes de San Telmo. [En ligne, consulté le 20 avril 2023]. URL: https://www.realacademiasantelmo.org/wp-content/uploads/2018/07/Torelli_Discurso.pdf.

Truhelka, C. (1891). Prehistoričke gradine na Glasincu. Sarajevo: Zemaljska stamp.

Ulf, C. (2014). “Rethinking Cultural Contacts”, R. Rollinger et K. Schnegg (dir.), Kulturkontakte in antiken Welten: vom Denkmodell zum Fallbeispiel : proceedings des Internationalen Kolloquiums aus Anlass des 60. Geburtstages von Christoph Ulf, Innsbruck, 26. bis 30. Januar 2009. Colloquia Antica, 10. Leuven: Peeters, pp. 507-564.

Vasić, R. (2010). “Reflecting on Illyrians helmets”. CTAPИHAP, LX, pp. 37-55. DOI: https://doi.org/10.2298/sta1060037v.

Vejvoda, V. et Mirnik, I. (1991). “Prethistorijski Kaptol”. In: Potrebica, F. et Matešić, K. (éds.), Kaptol 1221-1991. Kaptol: Mjesna zajednica Kaptol, pp. 9-23.

Vranić, I. (2014). ““Hellenisation” and Ethnicity in the Continental Balkan Iron Age”. In: Nicolae Popa, C. et Stoddart, S. (éds.), Fingerprinting the Iron Age, Approaches to Identity in the European Iron Age. Interpreting South-Eastern Europe into the Debate. Oxford: Oxbow Books, pp. 161-174.

Weidig, J., dir. (2017). Il ritorno dei tesori piceni a Belmonte. La riscoperta a un secolo dalla scoperta. Belmonte Piceno: Astra edizioni.

Weidig, J. (2021). “The heroic Virtue of the Warrior. The tomb of the duce and the tomb of the ivory box of Belmonte Piceno (prov. Fermo/I)”. In: Bardelli, G. et Graells i Fabregat, R. (éds.), Ancient weapons, new research perspectives on weapons and warfare in the first millenium BC. RGZM Tagungen, 44. Mainz: Verlag des Römisch-Germanischen Zentralmuseum, pp. 71-90.

Wirth, S. (2007). “Tombé dans l’eau ? Les découvertes de casques en milieu humide”. In: Barral, P., Daubigney, A., Dunning, C., Kaenel, G. et Roulière-Lambert, M. J. (éds.), L’âge du Fer dans l’arc jurassien et ses marges. Dépôts, lieux sacrés et territorialité à l’âge du Fer. Actes du xxixe colloque international de l’AFEAF; Bienne, 5-8 mai 2005. Bienne: presse universitaire de Franche-Comté, vol. 2, pp. 449-462.


1 Article tiré d’un mémoire de master 2, effectué à l’université Bordeaux Montaigne (Maison de l’Archéologie, Domaine universitaire, 8 esplanade des Antilles, 33607 PESSAC CEDEX) sous la direction de F. Verdin (CNRS, laboratoire Ausonius, UMR 5607).

2 Les premières études sur ces casques ont été effectuées par A. Furtwängler (1890Furtwängler, A. (1890). Olympia: Die Ergebnisse der von dem deutschen Reich veranstalteten Ausgrabung IV - Die Bronzen und die übrigen kleineren Funde von Olympia. Berpn: A. Asher.) à l’occasion des fouilles d’Olympie, puis par E. Kukahn (1936Kukahn, E. (1936). Der griechische Helm. Marburg-Lahn: H. Bauer.) et E. Kunze (1961Kunze, E. (1961). “Korinthische Helme”. Bericht über die Ausgrabungen in Olympia, VII, pp. 56-128.).

3 Nous utipsons ici le terme “expansion” et non pas “colonisation”, qui peut être connoté. À ce sujet voir Dietler (2005Dietler, M. (2005). “The archaeology of colonization and the colonization of archaeology: theoretical challenges from an ancient Mediterranean colonial encounter”. In: Stein, G. (éd.), The Archaeology of Colonial Encounters: Comparative Perspectives. Santa Fe: School of American Research press, pp. 33-68.) et Sommer (2011Sommer, M. (2011). “Colonies - Colonisation - Coloniapsm: A Typological Reappraisal”. Ancient West & East, 10, pp. 183193.).

4 Il cite également l’adoption de l’écriture, les règles d’hospitapté, ou encore la pratique du banquet et du symposium.

5 Ce casque présente des stries sur les paragnathides, ce qui pourrait être la trace de fixations de plaques en or, trouvées dans la même sépulture.

6 Sur ce terme “d’hellénisation” dans les Balkans voir Vranić (2014Vranić, I. (2014). ““Hellenisation” and Ethnicity in the Continental Balkan Iron Age”. In: Nicolae Popa, C. et Stoddart, S. (éds.), Fingerprinting the Iron Age, Approaches to Identity in the European Iron Age. Interpreting South-Eastern Europe into the Debate. Oxford: Oxbow Books, pp. 161-174.). Pour les multiples échanges, voir Gavranović et al. (2020Gavranovic, M., Vercik, M. et Heilmann, D., dirs. (2020). Spheres of Interaction Contacts and Relationships between the Balkans and Adjacent Regions in the Late Bronze / Iron Age (13th–5th Centuries BCE), Perspectives on Balkan Archaeology, proceedings of the conference held at the Institute of Archaeology, Belgrade 15-17 September, 2017. Rahden: Verlag Marie Leidorf GmbH.).

7 La présence de deux mors de chevaux indiquerait un harnachement pour la conduite d’un char, alors qu’un seul mors indiquerait un cheval monté.

8 En dehors de la péninsule itapque, notons que c’est également le cas de la tombe I de Trebenište, qui contenait en plus du casque corinthien un casque illyrien. Un casque illyrien était par ailleurs présent dans chacune des 13 tombes de ce groupe.

9 Notons cependant que la tombe 103 a été fouillée au XIXème siècle, et que le mobiper a été éparpillé dans divers musées et en partie perdu. Nous n’avons donc accès qu’à des sources indirectes, et aujourd’hui seuls six casques sont attestés de façon certaine.